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deleatur
InvitéLes sujets de cette année auraient sûrement de quoi nous faire disserter ensemble de longues heures.
Spéciale dédicace à Emile Novis qui aurait pu choisir le texte.
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Sujet 1
La science peut-elle satisfaire notre besoin de vérité ?
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Sujet 2
L’État nous doit-il quelque chose ?
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Sujet 3
Expliquer le texte suivant :
Toute action humaine exige un mobile1 qui fournisse l’énergie nécessaire pour l’accomplir,
et elle est bonne ou mauvaise selon que le mobile est élevé ou bas. Pour se plier à la
passivité épuisante qu’exige l’usine, il faut chercher des mobiles en soi-même, car il n’y
a pas de fouets, pas de chaînes ; des fouets, des chaînes rendraient peut-être la
transformation plus facile. Les conditions même du travail empêchent que puissent
intervenir d’autres mobiles que la crainte des réprimandes et du renvoi, le désir avide
d’accumuler des sous, et, dans une certaine mesure, le goût des records de vitesse. Tout
concourt pour rappeler ces mobiles à la pensée et les transformer en obsessions ; il n’est
jamais fait appel à rien de plus élevé ; d’ailleurs ils doivent devenir obsédants pour être assez
efficaces. En même temps que ces mobiles occupent l’âme, la pensée se rétracte sur un point
du temps pour éviter la souffrance, et la conscience s’éteint autant que les nécessités du travail
le permettent. Une force presque irrésistible, comparable à la pesanteur, empêche alors de
sentir la présence d’autres êtres humains qui peinent eux aussi tout près ; il est presque
impossible de ne pas devenir indifférent et brutal comme le système dans lequel on est pris ;
et réciproquement la brutalité du système est reflétée et rendue sensible par les gestes, les
regards, les paroles de ceux qu’on a autour de soi. Après une journée ainsi passée, un ouvrier
n’a qu’une plainte, plainte qui ne parvient pas aux oreilles des hommes étrangers à cette
condition et ne leur dirait rien si elle y parvenait ; il a trouvé le temps long.
Simone WEIL, La Condition ouvrière (1943)
1 « mobile » : motivation, ce qui pousse à agir. -
JÔrage
InvitéSujet 1
La science peut-elle satisfaire notre besoin de vérité ?
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Oui.
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Le niveau a drôlement baissé en 20 ans putain.-
deleatur
InvitéMerci d’avoir relevé la douce ironie de « auraient sûrement de quoi nous faire disserter ensemble de longues heures ».
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JÔrage
Invitédeleatur: T’en fais pas, je suis sûr que JeanMonnaie sera partant.
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Tof
Invité« Le niveau a drôlement baissé en 20 ans putain »
Je situe le début de la baisse à 26 ans, personnellement.
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Tof
InvitéLe sujet 2 est-il inspiré des neo-contractualistes, qui ne « contractent pas » ? Intéressant renversement d’une question que l’on pose plus souvent dans le sens du devoir individuel envers la société (amalgame société-État, je perds des points). Comme le dit le philosophe, « ask not what your country can do for you, ask what you can do for your country. »
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deleatur
InvitéLa question « Que devons-nous à l’État ? » est tombée en 2013. Non pas qu’est-ce que l’État nous apporte mais quelles sont nos obligations envers lui, et les limites de ces obligations — la difficulté étant alors de savoir si nos obligations envers l’État peuvent aller jusqu’au sacrifice de sa personne.
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Tof
InvitéDans le sens posé en 2024, il semble acquis l’inéluctabilité de l’État. Ou alors c’est autour de cela qu’on peut problématiser, mais on s’éloigne de la question. Je m’amuserais à chercher un angle ironico-anarchiste, l’État nous (se) doit la possibilité de sa perpétuation.
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deleatur
InvitéEt ce serait une très bonne réponse finale.
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Delphine
InvitéLe sujet sur l’Etat va-t-il rejoindre, dans les copies des élèves, l’actualité politique ? Ce matin, à la radio, avant le lancement de l’épreuve, il était conseillé aux élèves de ne pas afficher d’opinions politiques, au cas où un sujet sur l’Etat ou la politique tombait (conseil d’un prof de philo, je crois). Les sujets étant traditionnellement longtemps fixés à l’avance, c’est donc une coïncidence cette année.
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deleatur
InvitéJe ne suis pas sûr que la question cadre si bien que cela avec l’actualité politique, le point nodal étant ici la notion de devoir, au sens d’une obligation juridique (légale) ou morale. Le « nous » peut avoir un sens aussi bien collectif (la société) qu’individuel (les droits et les libertés individuelles garanties par l’État).
La question pourrait conduire à articuler intérêt particulier et intérêt général, autour d’une réflexion plus large sur la fonction de l’État, conduisant à distinguer le libéralisme politique (l’État garant et protecteur des libertés individuelles et publiques) des conceptions de l’État plus contractualistes (accepter de renoncer à son intérêt particulier au nom de l’intérêt général).
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Emile Novis
Invité» il a trouvé le temps long »
Simone a l’art de ponctuer ses textes ou ses paragraphes par des phrases terriblement banales mais qui prennent une épaisseur très consistante en raison de ce qui précède. J’apprécie cette écriture qui expose une maturation progressive pour livrer la clef en peu de mots, en bout de texte.-
deleatur
InvitéEt c’est vraiment tout l’intérêt de ce texte de poser un lien entre le travail à l’usine et ce que cela fait sur le corps et la pensée du travailleur, approche classique depuis Marx, mais de le faire en termes de rapport au temps (qui nous accapare et nous isole).
Dimension de l’aliénation oubliée quand on s’interroge sur les conditions matérielles du travail dans le mode de production capitaliste.
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Ducoup
InvitéC’était quand même réjouissant ce texte de Weil comme sujet de philo par les temps qui courent.
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deleatur
InvitéOui, on peut féliciter l’Inspection Générale de philosophie de garder une certaine autonomie de penser et de distiller utilement des interrogations qui ont le mérite de forcer à penser. On ne peut pas en dire autant des sujets de SES au bac, toujours emprunts de l’idéologie néolibérale du moment.
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deleatur
InvitéEmpreints et non emprunts.
Le langage de l’adversaire ne nous laisse aucun répit.
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..Graindorge
InvitéÀ la 1.
Oui ( mais pas que) la Science peut CONTRIBUER à notre besoin de vérité si et seulement si elle est accompagnée de CONSCIENCE et SANS CONFLITS D’INTÉRÊTS sinon elle n’est « que ruine de l’âme ».
Et des corps.
Et en conclusion j’ aurais écrit: que le système capitaliste ne nous manipule pas en faisant SCIEMMENT l’amalgame entre Science et techniques. Techniques qu’il veut nous imposer pour mieux nous exploiter, nous tromper, nous diviser et continuer à nous faire subir son Enfer du 24h/24.-
Fanny
InvitéMais la vérité est un absolu et il n’y a de science que relative
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Fanny
InvitéEt : avons-nous tant « besoin de vérité » ?
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..Graindorge
InvitéCe qui était vrai « hier » dans certains domaines ne l’est plus aujourd’hui, au fur et à mesure de l’avancée des connaissances. On a aussi eu des marches arrière, « oublié » certaines connaissances.
On peut entendre ce « besoin de vérité » comme un besoin d’authenticité. Pour l’authenticité, il faut de la sincérité et de l’honnêteté.
La Science avec conscience permettra d’atteindre ce qu’on peut appeler la Connaissance.-
Fanny
InvitéQu’est-ce que la connaissance ?
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graindorge
Invité@ Fanny
avec un C majuscule: Connaissance
Aucune idée
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Tof
InvitéJe m’excuse de ce léger hors-sujet, mais après tout il est question de dissertation de philosophie.
La nullité de R. Enthoven n’est plus à démontrer mais cette vidéo s’y attèle tout de même. Elle en dit presque plus long sur le système médiatique qui continue à donner de la visibilité à ce charlatan.
Ayant le bagage technique suffisant pour juger de ses avis péremptoires sur l’IA, je savais que ce qu’il en disait ne valait pas grand chose. Mais lors de ses interventions, la phrase ânonnée « il n’y a pas de progrès en philosophie » m’avait frappée. Malheureusement il n’est pas facile de trouver des sources traitant de cette question propre; Google, à la requête « le progrès en Philosophie » renvoie généralement des textes discutant de la notion de progrès dans les sciences et la technique. Je suis content que Mr. Phi donne quelques pointeurs pour aller plus loin sur cette question épistémologique.
Le milieu est un peu matheux et technique, car il expose la démarche expérimentale et ses résultats. On peut zapper, mais cela fait bien ressentir la différence entre un dilettante et quelqu’un qui travaille.-
Hami Debile
InvitéLol Mr Phi loL
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Papo2ooo
InvitéJe n’ai pas trouvé le passage dans lequel l’idée d’un progrès en philosophie est argumenté, peux-tu me guider un peu Tof ?
C’est une idée qui me parait difficile à soutenir, c’est pourquoi je suis curieux.-
Papo2ooo
Invitéah ok, je viens de voir dans son tableau, qu’il voit dans l’histoire de la philo analytique une philo en progrès au fil des âges
je n’ai pas les connaissances pour me mêler à la discussion, mais ça me fait penser à la lettre W de l’abécédaire-
Tof
InvitéLa vidéo n’argumente pas spécifiquement en faveur de l’existence de progrès en philosophie, mais elle présente les 2 courants principaux, dont celui auquel est rattaché Enthoven prétend l’inverse. Béotien moi-même, et venant plutôt des sciences (« dures »), je ne m’imaginais même pas que cette position était tenable (et tenue par une certaine tradition philosophique).
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Papo2ooo
InvitéMerci Tof,
Je vais prendre le temps d’écouter tranquillement l’ensemble.-
Papo2ooo
InvitéJe ne pense pas partager les options philosophiques de Mr Phi, mais à l’évidence ce monsieur travaille et sa démonstration méthodique du manque de sérieux d’Enthoven est sans appel.
Merci pour le partage, la vidéo était sympa.-
Mais moi c’est léo
Invitéil y a dix mois Doomit lui avait déjà réglé son compte en un rien de temps :
il montre par une comparasion des deux introductions du combat enthoven/IA que raphael ne peut avoir 20 en commençant de la sorte et que l’intro de chatgpt est meilleure que celle de raphael (lool). Sinon pareil j’aimerais bien avoir des arguments en faveur du progrès en philosophie je ne vois pas non plus comment c’est soutenable. Si quelqu’un peut consoler ma curiosité…
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farine
InvitéDe nombreux futurs bacheliers ont confondu Weil avec Veil
Les copies seront sûrement marquées par l’IVG et Auschwitz
Courage au correcteurs ! -
Ferenk
InvitéIl y a peut-être de la malice perverse de la part des concepteurs d’avoir mis Simone Weil. J’y vois aussi de la malice espiègle de mettre un tel texte pour clôturer la scolarité des élèves. Voyez-donc, ‘usine’ apparaît une fois dans le texte, ‘ouvrier’ aussi. Si je les remplace respectivement par ‘école’ et ‘élève’, le texte fonctionne toujours aussi bien. François ne me contredira pas.
« Toute action humaine exige un mobile qui fournisse l’énergie nécessaire pour l’accomplir, et elle est bonne ou mauvaise selon que le mobile est élevé ou bas. Pour se plier à la passivité épuisante qu’exige l’ECOLE, il faut chercher des mobiles en soi-même, car il n’y a pas de fouets, pas de chaînes ; des fouets, des chaînes rendraient peut-être la transformation plus facile. Les conditions mêmes du travail empêchent que puissent intervenir d’autres mobiles que la crainte des réprimandes et du renvoi, le désir avide d’accumuler des sous, et, dans une certaine mesure, le goût des records de vitesse. Tout concourt pour rappeler ces mobiles à la pensée et les transformer en obsessions ; il n’est jamais fait appel à rien de plus élevé ; d’ailleurs ils doivent devenir obsédants pour être assez efficaces. En même temps que ces mobiles occupent l’âme, la pensée se rétracte sur un point du temps pour éviter la souffrance, et la conscience s’éteint autant que les nécessités du travail le permettent. Une force presque irrésistible, comparable à la pesanteur, empêche alors de sentir la présence d’autres êtres humains qui peinent eux aussi tout près ; il est presque impossible de ne pas devenir indifférent et brutal comme le système dans lequel on est pris ; et réciproquement la brutalité du système est reflétée et rendue sensible par les gestes, les regards, les paroles de ceux qu’on a autour de soi. Après une journée ainsi passée, un ELEVE n’a qu’une plainte, plainte qui ne parvient pas aux oreilles des hommes étrangers à cette condition et ne leur dirait rien si elle y parvenait ; il a trouvé le temps long. »
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Emile Novis
InvitéEn ce qui concerne Simone Weil, qui a été élève, puis professeur, puis ouvrière en usine, elle oppose clairement les deux dans un extrait de L’Enracinement :
« Il faut supprimer d’abord le choc que subit le petit gars qui à douze ou treize ans sort de l’école et entre à l’usine. Certains ouvriers seraient tout à fait heureux si ce choc n’avait laissé une blessure toujours douloureuse; mais ils ne savent pas eux-mêmes que leur souffrance vient du passé. L’enfant à l’école, bon ou mauvais élève, était un être dont l’existence était reconnue, qu’on cherchait à développer, chez qui on faisait appel aux meilleurs sentiments. Du jour au lendemain il devient un supplément à la machine, un peu moins qu’une chose, et on ne se soucie nullement qu’il obéisse sous l’impulsion des mobiles les plus bas, pourvu qu’il obéisse. La plupart des ouvriers ont subi au moins à ce moment de leur vie cette impression de ne plus exister, accompagnée d’une sorte de vertige intérieur, que les intellectuels ou les bourgeois, même dans les plus grandes souffrances, ont très rarement l’occasion de connaître. Ce premier choc, reçu si tôt, imprime souvent une marque ineffaçable. Il peut rendre l’amour du travail définitivement impossible ».
Un point essentiel de la pédagogie, à ses yeux, consiste à élever progressivement les mobiles des enfants durant leur apprentissage. Une école qui ne parvient pas à une telle élévation est une école qui échoue sur un point essentiel.-
françois bégaudeau
InvitéJe ne te contredirai pas
Mais on note que Simone n’aura pas produit de critique de l’école. Je crois.
N’aura pas dit la continuité entre la discipline imposée aux corps à l’école puis au travail.-
deleatur
InvitéJe laisse Emile Novis répondre plus longuement et précisément.
Weil n’était pas Foucault. Elle était une philosophe rationaliste (d’abord), formée à l’alanisme au milieu des années 20 et à l’idée de l’égalitarisme républicain de la 3e République, directement influencée par la pensée des Lumières. L’École était pensé comme lieu de l’émancipation intellectuelle et de l’émancipation de sa condition sociale (1882 n’est pas loin), et pas encore comprise comme un relai objectif du capitalisme, pas comme structure d’enfermement et de reproduction de la classe bourgeoise. Autrement dit, on ne superpose pas encore le maître qui enseigne (magister) et le maître qui domine (dominus).
Quel était de lien de Weil avec la pensée de Marx ? Emile Novis pourra peut-être me répondre.
On connait bien les analyses de Foucault dans les années 60-70, à mettre en correlation avec, à la même époque, avec la critique de l’institution psychiatrique (Guattari) et de toutes les institutions de l’État (Althusser le cou).
Mais je crois que si l’on veut chercher une critique de l’école comme rapport de domination et lieu d’enfermement, il faut se tourner vers la pensée anarchiste à la fin du 19e. Tu confirmes, François : Bakounine, Vallès ? Quels sont les grands auteurs anarchistes sur l’école ? J’ai besoin de conseils de lectures (avant le 20e siècle).
Weil connaissait-elle la pensée anarchiste ? Lui reconnaissait-elle une influence dans la formation de sa propre pensée ? S’y réfère-t-elle ?-
françois bégaudeau
InvitéIl y a peut être des bonnes raisons bio-historiques à ce que Weil n’ait pas croisé cette pensée. M’enfin sur bien des sujets elle n’a eu besoin d’aucune antériorité pour être lucide, et pas eu besoin de lire des anarchistes pour produire des réflexions anarchistes
Il y a donc là au travail un angle mort bien connu chez les parties prenantes. Ce que Bourdieu appellerait une disposition scholastique, et qui dispose entre autres à valider (ou épargner) l’institution où l’on a brillé.-
deleatur
InvitéOui, c’est très juste.
Tant sur la disposition scholastique (et l’illusion de liberté de pensée à laquelle elle conduit les principaux protagonistes) que sur les obstacles bio-historiques à la cécité sur certaines questions.
Reste à savoir si pour Weil l’Ecole pouvait être pensée, repensée et désirée dans les termes de la pensée anarchiste, ou plus simplement si elle pouvait la penser dans les mêmes termes que sa critique de la condition ouvrière. Il semblerait que non, si j’en crois la réponse d’Emile Novis au-dessus : il y a pour elle une véritable rupture entre les deux, et non modèle, continuité et identique conditionnement. Au fond, l’opposition, toute idéaliste qu’elle soit (c’est-à-dire non dialectique), serait bien pour elle entre liberté, émancipation, et conditionnement, aliénation. Encore une fois, l’idée que l’école enferme, conditionne, aliène est une idée peu fréquente (certes très présente sur ce forum) et qui prend à contre-pieds toutes les représentations communes sur son utilité, sa nécessité et ses bienfaits certains. Même le courant de la psychologie du développement (disons les Freinet, Montessori et alii) ne remettent jamais en cause le droit de l’Ecole à exister sous sa forme actuelle (certes moyennant des aménagements considérables, mais sans interroger son caractère de reproduction sociale), parce qu’une véritable critique anarachiste de l’Ecole doit d’abord en passer par une critique anarchiste de la famille — et ça, c’est pas demain la veille !-
françois bégaudeau
InvitéFreinet était quand même extremement sévère avec l’école, qu’il comparait volontiers à une caserne, bien avant Foucault. Pour lui il était impossible de tirer quoi que ce soit de cette caserne. D’où sa prise de maquis.
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Emile Novis
Invité@FB
Oui, il n’y a pas, pour elle de continuité entre l’école et l’usine, et je suis d’accord sur l’aspect bio-historique qui peut expliquer cet angle mort, ou relativement mort.
Je pense que Weil n’a pas beaucoup souffert à l’école, et qu’elle y était même comme un poisson dans l’eau, comme son frère. En fait, j’ai l’impression que pour elle, l’école est soit un lieu de privilégiés (pour la bourgeoisie, qui peut aller jusqu’au bac à son époque et qui intègre parfaitement bien l’ethos de l’école, qui est faite pour elle), soit un refuge précieux pour les enfants des classes populaires, un refuge qui protège du malheur de la condition ouvrière. Sur ce dernier point, dans son journal d’usine, on trouve ces propos d’une ouvrière à propos de son gosse :
« Mardi – (sous la pluie) – avec une ouvrière (me parle de son garçon de 13 ans qu’elle laisse à l’école. « Sans ça qu’est-ce qu’il peut devenir ? Un martyr comme nous autres »). ».
Il me semble que Weil était marquée par ce discours des ouvriers sur l’Ecole.
Pour autant, elle écrivait pour le syndicat révolutionnaire L’Ecole émancipée, et elle pensait qu’il fallait une révolution dans l’enseignement. Elle ne voulait pas que l’école soit un lieu aussi fermé, et elle désirait que l’enseignement soit beaucoup plus concret : par exemple, les enfants doivent apprendre la géométrie en faisant de la menuiserie. L’école, selon elle, ne doit pas couper l’enfant de la matière et de son action sur elle, et elle doit surtout développer la faculté d’attention.
Je pense donc qu’elle ne remet pas totalement en question le dispositif scolaire en tant que tel, mais la manière d’enseigner, manière qui charrie avec elle toute une manière de comprendre le monde et le rapport entre le savoir et la vie, problème qui dépasse de loin l’école à ses yeux : c’est bien plutôt un malaise général dans la civilisation et dans notre rapport au savoir, malaise dont l’école n’est qu’un symptôme parmi d’autres.
Pour elle, il faudrait que l’école puisse accoucher d’une civilisation fondée sur la spiritualité du travail, ce qui paraît impossible dans le cadre capitaliste actuel.
Il y a des textes de Weil sur la pédagogie, mais ils sont éparpillés, ce qui rend difficile une compréhension synthétique sur cette question.
Je vais mettre un autre extrait de l’Enracinement, un texte assez radical tout de même, qui pourrait être mis en tension avec l’extrait précédent.-
Emile Novis
InvitéVoici l’extrait de L’Enracinement dont je parlais à l’instant dans le message qui précède:
« « De nos jours, un homme peut appartenir aux milieux dits cultivés, d’une part sans avoir aucune conception concernant la destinée humaine, d’autre part sans savoir, par exemple, que toutes les constellations ne sont pas visibles en toutes saisons. On croit couramment qu’un petit paysan d’aujourd’hui, élève de l’école primaire, en sait plus que Pythagore, parce qu’il répète docilement que la terre tourne autour du soleil. Mais en fait il ne regarde plus les étoiles. Ce soleil dont on lui parle en classe n’a pour lui aucun rapport avec celui qu’il voit. On l’arrache à l’univers qui l’entoure, comme on arrache les petits Polynésiens à leur passé en les forçant à répéter : « Nos ancêtres les Gaulois avaient les cheveux blonds. »
Ce qu’on appelle aujourd’hui instruire les masses, c’est prendre cette culture moderne, élaborée dans un milieu tellement fermé, tellement taré, tellement indifférent à la vérité, en ôter tout ce qu’elle peut encore contenir d’or pur, opération qu’on nomme vulgarisation, et enfourner le résidu tel quel dans la mémoire des malheureux qui désirent apprendre, comme on donne la becquée à des oiseaux.
D’ailleurs le désir d’apprendre pour apprendre, le désir de vérité est devenu très rare. Le prestige de la culture est devenu presque exclusivement social, aussi bien chez le paysan qui rêve d’avoir un fils instituteur ou l’instituteur qui rêve d’avoir un fils normalien, que chez les gens du monde qui flagornent les savants et les écrivains réputés.
Les examens exercent sur la jeunesse des écoles le même pouvoir d’obsession que les sous sur les ouvriers qui travaillent aux pièces. Un système social est profondément malade quand un paysan travaille la terre avec la pensée que, s’il est paysan, c’est parce qu’il n’était pas assez intelligent pour devenir instituteur ».
Weil.-
Dr Xavier
InvitéJe vais être un petit peu taquin et je vais peut-être faire un contresens (je n’ai pas encore lu ce texte), mais le sous-jacent, ça me semble être : « ah si seulement on enseignait mieux en classe le soleil, l’origine des petits Polynésiens, et le désir de vérité… » – et non pas « ah si seulement on ouvrait grand ces salles de classe pour qu’on y circule comme bon nous semble, Polynésiens, paysans et soleil compris… »
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Emile Novis
Invité@Dr Xavier
Peut-être. Comme on le disait, un partisan de la déscolarisation de la société trouvera de toute façon qu’il s’agit d’un angle mort dans la pensée de Weil.
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Emile Novis
Invité* je voulais dire « la disposition scholastique qui peut expliquer cet angle mort », et non pas « l’aspect bio-historique etc. ».
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Dr Xavier
Invité@deleatur – Je m’immisce pour dire ce que tu sais sans doute déjà, à savoir qu’un texte magistral sur le sujet c’est « Une société sans école » d’Illich, dont le titre anglais me semble plus juste : « Deschooling society » (déscolariser la société). C’est ce bouquin qui m’a fait prendre conscience de ce réflexe bien ancré qui est de chercher à convertir toute lecture en monnaie de bonnes notes.
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..Graindorge
InvitéSimone Weil est morte à 34 ans. Elle a fait et écrit tout ce qu’elle a pu et même jusqu’à épuisement en juste, quoi? Une petite quinzaine d’années?
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Emile Novis
InvitéC’est impressionnant en effet. Je crois que c’est assez rare, une telle précocité en philosophie (il y a Schelling, qui a écrit des textes très solides très jeunes, mais c’est à peu près tout à ma connaissance). Sans cette précocité, pas de Simone Weil.
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Emile Novis
Invité@deleatur
Sur le rapport entre Marx et Weil, c’est une histoire compliquée, mais on peut souligner certains points essentiels :
=> Elle reprend à Marx la méthode du matérialisme historique. C’est sur ce point, à ses yeux, que Marx est pleinement révolutionnaire.
=> Elle rejette le matérialisme dialectique et la téléologie chez Marx et dans le marxisme. Pour elle, il s’agit d’un résidu de pensée magique et de superstitions religieuses. Inutile de dire (donc je vais le dire…) qu’à ses yeux, « la mission historique du prolétariat » est une religion des forces productives matérielles qui met le Bien dans les vaincus et peut justifier les pires bains de sang.
=> Elle pense que Marx reconduit des schèmes propres au capitalisme, notamment la religion de la production et de la force matérielle. Pour elle, Marx ne justifie jamais ce qui l’amène à penser qu’il y aura un développement illimité des forces productives, et que ce développement amènera des progrès historiques et politiques, comme si la matière était animée d’une impulsion dirigée vers un but. Pour Weil, Marx attribue à la matière des vertus propres à l’esprit. Il reste encore trop hégélien à ses yeux. Elle pense qu’il reste attaché à la religion du progrès illimité de son temps, et elle pense que le marxisme de son temps tend parfois à nier l’individu pour cette raison. Selon elle, il n’y aura pas de progrès social en dehors de la fermeté d’âme des individus qui s’assemblent pour transformer le réel.
=> Elle distingue l’oppression de l’exploitation. Pour Weil, Marx a parfaitement décrit la forme de l’exploitation, notamment de l’exploitation économique (extorsion de la plus-value, etc.), mais il n’a pas suffisamment mis au jour les causes de l’oppression. L’exploitation se focalise principalement sur les raison économiques de l’aliénation, et Marx se concentre sur la question de la propriété des moyens de production, question certes importante pour Weil, mais pas aussi déterminante que les marxistes le pensent : l’oppression peut fort bien continuer malgré le changement de régime économique relatif à la propriété des moyens de production. En URSS, le patron capitaliste n’est plus là, il est remplacé par l’État, mais l’usine est restée, comme sa structure technique et technocratique, et le travailleur est toujours autant aliéné qu’auparavant. La scène conflictuelle entre le prolétaire et le bourgeois est remplacée par une bureaucratie anonyme qui se soumet des travailleurs écrasés par le même système technique d’organisation sociale de la production. De même, la notion d’exploitation économique ne rend pas compte de toutes les hiérarchies oppressives dans l’usine, à commencer par celle entre l’ingénieur technicien qui dirige les machines et le travailleur dirigé par les machines. L’exploitation économique capitaliste n’est donc qu’une forme de l’oppression, mais l’oppression doit se comprendre à un niveau plus fondamental : il ne suffit pas de se libérer de la domination d’une classe (la bourgeoisie) pour s’émanciper, puisqu’il faut surtout s’émanciper de la structure abstraite qui permet l’auto-reproduction de la valeur (la technique automatisée dans les machines, le système financier, une bureaucratie fonctionnelle qui manipule les signes, etc.). Comme le souligne Chenavier, qui est un grand connaisseur de Weil, le matériel (le travail concret, les valeurs d’usage) est le support d’une domination de l’immatériel et de l’abstrait sur la vie (le système financier et son algèbre, la technique et le numérique, la domination du nombre et de l’argent, la propagande médiatique). L’essence secrète de l’oppression est anonyme, et la scène sociale qui voit s’opposer le bourgeois et le prolétaire n’est qu’une forme concrète possible de cette essence anonyme.
=> C’est pourquoi, selon Weil, le fondement de la question sociale n’est pas la propriété des moyens de production, ni la forme des régimes politiques et institutionnels, mais le problème de l’organisation sociale et technique de la production. Une transformation de la technique, par exemple, fera beaucoup plus pour émanciper les travailleurs qu’un changement de régime économique concernant la propriété privée, même si Weil est bien consciente que cela passera aussi par une contestation de la propriété privée bourgeoise. Ainsi elle désirait voir l’avènement de « machines souples », ce qui inspirera considérablement les développements ultérieurs de l’ergonomie : il faut penser une technique qui permette au travailleur de redevenir le sujet de son travail, avec des outils et des machines polyvalentes (à la manière d’un bateau et de son gouvernail). Ce n’est pas en espérant un développement des forces productives que cela adviendra. Ce n’est pas pour rien si Weil est souvent rapprochée de Gilbert Simondon et de sa méditation sur le mode d’existence des objets techniques. Pour Weil, il faut que la machine cesse d’être un mystère pour le travailleur ; tant qu’elle demeurera un mystère, le travailleur sera aliéné, quel que soit le propriétaire économique.
Pour le reste, Weil a lu Bakounine, qu’elle inscrit d’ailleurs dans le courant des Lumières, et qu’elle cite à plusieurs reprises quand il s’agit de penser une appropriation, par les classes populaires, de la science. La révolution implique la diffusion des connaissances dans la population entière, et il n’y aura pas d’émancipation des individus tant que le savoir sera constitué en corps social séparé (universitaire, ingénieur, experts, etc.).
Elle a par ailleurs fréquenté des mouvements anarchistes, notamment en Espagne dans son engagement armé contre les fascistes. Je pense (c’est un interprétation de ma part) qu’elle trouve chez les anarchistes l’idée qu’une collectivité doit être jugée à partir de l’effet qu’elle produit sur l’individu : si le collectif détruit l’individu, il doit être supprimé, tandis que s’il permet son développement intellectuel, sensible et moral, il doit être conservé. Un collectif considéré pour lui-même ne vaut rien, car la vie ne circule et ne se sent vivre qu’au niveau des individus qui éprouvent cette vie dans leur existence singulière. Une patrie, un Etat, un Parti, etc. ne vivent pas, ne sentent pas consciemment la vie, mais ils peuvent devenir un « monstre froid » qui avale les individus au nom d’une transcendance illusoire.
Mais du point de vue pratique, elle sera très déçue par les anarchistes espagnols dans leur guerre contre le fascisme : elle était terrifiée par leur embrigadement dans des idéologies collectives pouvant entraîner une joie à l’idée de tuer leur prochain si celui-ci est un individu appartenant au camp opposé.
Pour le reste, je suis d’accord avec toi : Weil est une fille de la IIIème République, disciple d’Alain et rationaliste. Cela engage beaucoup son rapport à l’École, même si on peut trouver des textes qui nuancent ceci.
Je suis trop long, alors je m’arrête. Mais si un marxiste pouvait me dire ce qu’il pense de la critique weilienne, je suis preneur : j’ai étudié Marx, mais je suis loin d’avoir fait le tour de cette œuvre immense.-
françois bégaudeau
InvitéOn trouve, au sein de la tradition marxiste, une critique semblable du système soviétique, très tot disqualifié comme capitalisme d’Etat
Critique qui ne cessera de s’intensifier au long du vingtième siècle, notamment du coté de Socialisme ou barbarie, puis avec l’émergence – précoce aussi- d’un marxisme anti-productiviste.-
Emile Novis
InvitéC’est la grandeur de la tradition marxiste que d’avoir produit son auto-critique. Weil, d’une certaine manière, en fait un peu partie, à sa manière.
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JÔrage
Invité« Pour elle, Marx ne justifie jamais ce qui l’amène à penser qu’il y aura un développement illimité des forces productives, et que ce développement amènera des progrès historiques et politiques, comme si la matière était animée d’une impulsion dirigée vers un but. »
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On est quand même là pour en parler.
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Je dis ça, je dis rien.-
Emile Novis
Invité@JÔrage
C’est-à-dire?
Tu veux dire que le fait de pouvoir discuter sur internet est la preuve que les forces productives ont progressées?
Pour Weil, ce ne serait pas nécessairement un « progrès » (il faudrait s’entendre sur ce mot).
De plus, le cœur de sa critique consiste à demander une raison qui explique que le développement nécessaire des forces matérielles dans l’histoire s’acheminerait vers le Bien (le communisme). Je crois que sur ce point, il est difficile de trouver une raison justifiant le propos de Marx.-
JÔrage
InvitéNon, ce que je veux dire c’est que l’étonnante série de causes et de conséquences qui nous conduit à faire l’expérience de ce spectacle un peu absurde qu’on appelle l’existence tend à démontrer que la matière souffre d’une fâcheuse tendance à s’organiser. Enfin ce serait plus juste de parler d’information mais dans le cas présent ce n’est pas très important. Enfin si, avec l’information on peut généraliser ce qui précède à l’esprit puis aller donner raison à Marx mais bon.
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françois bégaudeau
InvitéJe ne crois pas que Marx ait si souvent formulé l’idée « que le développement nécessaire des forces matérielles dans l’histoire s’acheminerait vers le Bien (le communisme). »
Et je suis sûr qu’il n’a jamais écrit : le Bien
Attention à ne pas prêter à Marx le messianisme béat que les libéraux aiment lui prêter sans l’avoir lu.-
Emile Novis
Invité@FB
En effet. Je n’évoquais pas Marx directement, mais la manière avec laquelle Weil lit Marx. A ses yeux, la téléologie marxiste revient à dire que le développement nécessaire des forces productives matérielles s’achemine vers un sens et un horizon désirable à terme – le communisme. Dans son langage, tout se passe comme si le sens de l’histoire s’acheminait vers le « Bien » – le communisme.
Je pense que Weil fait aussi référence à une vulgate marxiste de son temps sans jamais nommer celle-ci de manière précise.
Il est clair à mes yeux qu’on ne peut pas réduire Marx à cela. Quand ce dernier définit le communisme dans l’idéologie allemande – le mouvement réel qui abolit l’état de chose actuel -, il ne donne pas une définition eschatologique, il fait autre chose de plus fin.
@JÔrage
Mais la capacité de la matière à s’organiser ne signifie pas nécessairement qu’il existe un sens de l’histoire, ou une direction générale à l’œuvre dans le processus qui meut les sociétés humaines et qui nous dirigeraient vers le communisme. Il peut y avoir une organisation immanente à la matière qui ne soit pas pour autant subordonnée à une finalité globale de l’histoire.-
JÔrage
InvitéEmile Novis: Ca dit au moins qu’il existe quelque chose de l’ordre d’un ordre des choses et peut être que tenir compte de l’existence de cet ordre des choses conduit naturellement au communisme. C’est sûr même.
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Emile Novis
Invité@JÔrage
« C’est sûr même ».
Mais quel est le fondement de cette certitude? Qu’est-ce qui, dans l’ordre des choses observables, porte la trace de cette certitude? Je ne vois pas.
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tristan
InvitéPersonnellement je lis très peu de philosophie, mais suffisament pour supporter avec sérénité le malheur des autres..uhuhu !
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Florent
Invité1/ à la manière d’une drogue sans doute.
2/ à part l’avis d’imposition ? peut être la quittance
3/ l’instrumentalisation sociale des conditions de subsistance et ses « pesanteurs », mais s’il reste un espace irréductible dans tous ces endroits où l’on regroupe les gens, c’est bien celui de la rencontre
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