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Accueil Forums Forum général Apprentissages hors-école / autogérés / informels / libres / autonomes etc…

  • Ce sujet contient 46 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par stephanie, le il y a 1 année et 2 mois.
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    • #99061 Répondre
      Nuelle
      Invité

      On en a déjà parlé dans d’autres fils, et cela faisait un moment que je me disais que ce serait pas mal de faire un sujet à part entière sur l’apprendre, sur l’instruction et les apprentissages hors école, les apprentissages autonomes / informels / autogérés / autonomes / le unschooling etc… selon l’appellation choisie, sujets encore mal connus (et je remettrai aussi ici quelques infos qui s’étaient, je crois, un peu noyées dans le fil parentalité, désolée si ça fait redite pour certains).
      Le dernier fil récent abordant ces sujets a un peu accéléré la finalisation de ce post, j’espère qu’il sera tout de même lisible, même si j’ai passé moins de temps que prévu à le relire. Désolée par avance pour les maladresses d’écriture.

      Pour situer d’où je parle, après un petite intro, je commencerai par partager mon expérience de parent n’ayant pas « mis » ses enfants à l’école, et chemin faisant, je parlerai donc des sujets mentionnés plus haut, de l’IEF et de la loi, puis je vous partagerai des suggestions de bouquins, vidéos, etc, dont certains que vous connaitrez sans doute.

      Pour rappel, même si j’imagine que tout le monde le sait ici, en France, l’école n’est pas obligatoire, c’est l’instruction qui l’est, de 3 à 16 ans, même si les conditions sont de plus en plus compliquées pour pouvoir faire un autre choix que l’école (j’y reviendrai en détails plus bas).

      Pour vous donner une idée plus précise de ce qui se passe, il faut savoir qu’avec la nouvelle loi (depuis 2021, l’obligation de déclaration annuelle de l’IEF a été remplacée par une demande d’autorisation avec des motifs restreints ; les contrôles de la Mairie et de l’Education Nationale sont inchangés mais leur enjeu s’est accru), on est passé de 72 000 enfants en IEF (Instruction En Famille) en 2021, à 35 000 enfants en 2025. Récemment j’ai lu un témoignage de quelqu’un, qui, lors du contrôle annuel de l’EN, a d’ailleurs entendu l’inspectrice s’en vanter en lui disant « On a réussi à diminuer de moitié les enfants en IEF depuis la nouvelle loi ». Ouais, ils ont « réussi ». Quelle chance pour les enfants. C’est à peine catastrophique pour ceux qui sont en souffrance scolaire et qui auraient besoin de sortir du système (et pour les autres aussi).

      Et si la liberté de choix d’instruction est de plus en plus restreinte, c’est aussi la diversité éducative tout court qui l’est (j’en parlerai aussi plus bas), ça ne concerne pas que ce que j’appellerai généralement ici les « non-sco » ou les gens en « IEF ».

      Sur ces termes : on connait généralement les termes « Ecole à la maison » ou « Instruction en famille » (IEF) concernant l’instruction hors les murs. Pour ma part, ce sont des termes qui me hérissent un peu, d’une part parce qu’ils ne correspondent pas à mon vécu, d’autre part parce que je les trouve réducteurs : quand on ne « met » pas ses enfants à l’école, on ne fait pas forcément «l’école à la maison », et « Instruction en famille » pourrait sous-entendre que nos enfants n’apprennent qu’en famille, et potentiellement resteraient en vase clos, sous notre unique influence, ce qui est loin d’être le cas (l’école est un sacré vase clos par ailleurs).

      Je préfère les termes « Instruction hors école » ou « Apprentissages hors école ». Et encore. Mais étant donné que le terme IEF est le plus répandu et qu’il est court, donc finalement assez pratique, c’est celui que j’utiliserai majoritairement ici.

      Petite parenthèse qui n’a rien à voir mais comme je sais que je pourrais peut-être donner l’impression de débarquer ici, je voulais préciser que je suis ce forum depuis plusieurs années (j’étais sur l’ancien déjà), plus ou moins régulièrement selon les périodes, même si je ne participe que très rarement, sur des sujets où je me dis que j’ai peut-être quelque chose à dire, ce qui est finalement rarement le cas car je ne me sens souvent ni les moyens intellectuels, ni le bagage culturel, ni la répartie, et comme je n’ai pas non plus l’âme d’un troll ^^, je reste la plupart du temps silencieuse. Mais je suis, par période, pas mal de discussions ici avec intérêt. Tout comme je suis ce que fait François depuis une dizaine d’années.

      J’en arrive au sujet et à mon retour d’expérience : mes filles, aujourd’hui âgées de 20 et 17 ans, ne sont jamais allées à l’école. La seconde a juste fait une incursion d’un an au Lycée Autogéré de Paris (lycée public) l’an dernier (lycée qui a fini par se faire méthodiquement démanteler par le rectorat et qui n’existe plus depuis cette année, il a été remplacé par le « LIP », Lycée Innovant de Paris, qui n’a d’innovant que le nom).

      Au départ, ce choix (dont je suis à l’initiative) n’était motivé par aucune raison politique ni même par une véritable réflexion. Et initialement, je ne voulais même pas non plus d’enfants, pour diverses raisons. Le père de mes filles en revanche oui, et pendant 10 ans il remettait ça régulièrement sur le tapis. Au bout de ces 10 ans, j’ai fini par dire ok, ok tentons… avec la conviction que ce serait « en tâche de fond ». Comprendre : je voulais bien me lancer dans l’aventure, mais il ne faudrait pas trop que ça empiète sur ma vie, même si j’aimais beaucoup les enfants. J’avais un peu autre chose à faire (développer ma carrière dans la musique). Comme vous l’aurez compris, ça ne s’est pas vraiment passé comme prévu… c’est peu de le dire. ^^
      Ce sont les hasards de la vie qui nous ont menés à ce choix, dont j’ai spontanément trouvé l’idée joyeuse (j’étais alors en congé parental), même si cela soulevait de nombreuses questions et que j’avais pas mal des idées reçues habituelles sur le sujet (que j’ai rapidement déconstruites en lisant beaucoup sur le sujet, et en particulier des témoignages de parents, puis en rencontrant des premiers specimens).

      Sur le plan pratique et matériel, ce choix a été facilité par le fait que le père de mes filles a tout de suite été d’accord, parce qu’il avait souffert à l’école et y avait eu un parcours difficile, et par le fait qu’il était ok pour subvenir aux besoins de la famille (l’inverse aurait été compliqué). Car bien qu’ayant eu un parcours chaotique (deux redoublements, bac de justesse au rattrapage, le seul d’une fratrie de trois à l’avoir – petit-fils de paysans bretons, parents boulanger-pâtissier – faire des études ne faisait pas partie du paysage familial), une année de fac un peu inutile suivi d’un BTS, il a ensuite repris des études d’ingénieur à 30 ans en formation continue, ce qui lui a permis par la suite d’avoir un bon salaire.

      Concernant cet aspect, si ce choix de non-scolarisation est évidemment facilité lorsqu’on dispose de bons moyens financiers, c’est malgré tout une idée reçue de penser qu’il n’y a qu’une population aisée qui puisse le faire. On trouve un peu de tout au niveau social, des gens qui se débrouillent, parfois des familles monoparentales au RSA, des familles de 3 enfants qui vivent sur un SMIC… Des parents qui bossent tous les deux à temps partiels et se relaient, avec aide ou non de la famille ou d’autres familles non-scolarisantes, des gens qui réorganisent leur vie autour de ce choix. Il n’y a pas du tout que des gens financièrement à l’aise (peut-être plus en région parisienne). D’ailleurs, le vrai luxe dans ce choix, c’est le temps que l’on a. Les enfants ont le temps de vivre leur enfance et d’apprendre à leur rythme. Et ceux qui sont déscolarisés parce que l’école les a maltraités, respirent, revivent. Il y a aussi beaucoup de transmission de savoirs et de savoir-faire d’adultes à enfants, d’enfants à enfants, beaucoup d’entraide et de solidarité dans les réseaux non-sco. Et on peut accompagner ses enfants sans être très érudit soi-même. On trouve les ressources, ou les personnes-ressource. Et on apprend et ré-apprend en même temps qu’eux aussi. Beaucoup de débrouillardise dans ce milieu et beaucoup de partages d’expériences. Il n’y pas non plus que des gens au capital culturel fort. Juste des gens qui, soit, partent d’une conviction, soit d’une nécessité vitale de faire ce choix quand leurs enfants ne s’adaptent pas (à raison) au système scolaire.

      Je n’avais donc, pour ma part, quand on s’est lancés, vraiment aucune réflexion critique sur l’école (autant dire qu’aujourd’hui ça a bien changé, je suis même devenue assez radicale – si tant est qu’on puisse ne l’être qu’ « assez »). Je n’avais pas fait ce choix contre l’école, mais pour vivre une autre expérience, un continuum. J’avais même une opinion favorable à son sujet, comme beaucoup de gens. L’école s’était dans l’ensemble bien passée pour moi – du moins je le croyais encore –, je m’étais intéressée à beaucoup de choses, ne me rappellais pas m’y être particulièrement ennuyée, et, faisant partie du peloton de classe et étant appréciée par les instits et les profs, je n’avais pas rencontré de problèmes particuliers.

      Même si j’avais quand même commencé à ouvrir mon esprit à 20 ans en lisant Bourdieu, c’est seulement à partir du moment où je suis entrée dans ce milieu de la non-scolarisation et de la déscolarisation que j’ai ouvert les yeux, compris que j’avais été bien conditionnée, bien aveuglée, et que j’ai réalisé que je m’étais juste parfaitement, docilement adaptée au système (un peu comme ces filles dont parle François au sujet de son expérience de profs à Dreux), que je le validais comme quelque chose de « bien ». J’ai aussi réalisé que j’y avais probablement laissé des parts de moi sans en avoir eu le moins du monde conscience. Je n’avais pas eu l’espace mental pour remettre quoique ce soit en question concernant le système. Et j’ai aussi, et peut-être surtout, réalisé tout le temps perdu à l’école au détriment de ce qu’on pourrait développer de ce qui nous amine. En a découlé ma vision aujourd’hui très critique à son égard, qui n’a pas pu se construire bien évidemment sans réflexion politique.
      Bref, ayant la possibilité de faire ce choix pour ma fille, je me suis lancée, sans savoir pour combien de temps je m’engageais, et j’ai rejoint le réseau qu’on appelle « non-sco » dans notre jargon. Un réseau de plusieurs centaines de familles aujourd’hui rien qu’en région parisienne (nous n’étions qu’une poignée au début quand j’ai commencé en 2006), sorte de grande auberge espagnole où chacun propose mille et une activités, sorties ou rencontres à travers un site collaboratif et des listes de discussions, que ce soit en région parisienne où je me trouve, ou dans toute la France. C’est un monde très organisé, très actif, très ouvert et très militant.
      J’y ai rencontré des gens passionnants, ouverts, avec une réflexion politique forte.
      Mes filles ont donc grandi libres d’école, exposées à de nombreuses influences diverses et variées et pas seulement les nôtres (un des préjugés courants serait qu’on reste en vase clos, uniquement avec ses parents, c’est faux même s’il peut y avoir des familles qui le vivent de cette façon évidemment), mais pas à la violence du système éducatif, dans une vie faite de jeux, de lectures, de rencontres, de sorties et d’activités sportives.
      Quand on fait ce choix, on n’est pas soumis aux programmes scolaires, et le mode d’instruction est libre : cours par correspondance ou pas, apprentissages formels ou pas, et de notre côté nous avons opté pour les apprentissages informels, autrement appelés apprentissages auto-gérés, unschooling, etc… c’est-à-dire pas de cours, pas d’horaires, mais des lectures, des sorties, des jeux, des apprentissages en situation… la vie quoi. J’avais lu plein de choses sur le sujet ainsi que des témoignages et j’avais trouvé ça passionnant, enthousiasmant et de bon sens.
      Mes filles ont par exemple appris à lire et à écrire à leur rythme comme on apprend à marcher et à parler : dans le fil de la vie, en s’intéressant à ce qu’il y avait autour d’elles (l’écrit est partout, et en ville encore plus), en posant mille et une questions (auxquelles on a le temps de répondre en faisant ce choix), en tâtonnant… comme ce qu’a très bien décrit « . » dans la dernière discussion.
      Je précise que quand je dis qu’on n’est pas soumis aux programmes de l’école, on est quand même soumis aux objectifs du « socle commun des compétences » qui fonctionne par cycles (4 cycles) mais peut être exploré de manière libre et à des rythmes différents, en respectant des paliers. Certains choisissent cependant de suivre le programme, d’autres non, et les inspections, qui ont lieu une fois par an, visent à vérifier qu’il y a progression de l’enfant d’une année sur l’autre vers ce socle commun. Quand on ne fait pas ou peu de formel, on (les parents) prépare un dossier en traduisant tout ce qui a été fait en rapport avec les compétences requises, avec les traces écrites, livres, supports, ressources, jeux, sorties, photos, etc… la manière dont ça se passe est très aléatoire selon les inspecteurs qui n’y connaissent bien-sûr la plupart du temps rien du tout en apprentissages informels (et en instruction hors école tout court) et qui bien entendu veulent vous expliquer la vie et ô combien un jour il faudra que les enfants aillent à l’école. Parfois ça se passe bien, il arrive que certains soient ouverts, mais bien évidemment pas tous, loin de là… Ensuite l’inspecteur fait un rapport. On peut faire un contre-rapport ensuite si ça ne s’est pas bien passé.
      Il y a un livre qui s’appelle « L’apprentissage informel expliqué à mon inspecteur » écrit par Claudia Renau… pour les instruire ^^. Certains parents le donnent à leurs inspecteurs mais ça leur sert plus souvent de support pour en parler.
      Aujourd’hui, la pression des inspections et le durcissement de la loi incitent de plus en plus les familles aux apprentissages formels, ce qui est plus que compréhensible. Pourtant la littérature abonde sur les bienfaits des apprentissages autonomes. Et l’IEF est un excellent observatoire du sujet.

      Un peu avant ses 16 ans, ma fille ainée, ayant décidé ce qu’elle voulait faire plus tard, qui impliquait des études supérieures (ce qui n’est pas le cas pour ma seconde), a décidé de passer le bac : elle s’est mise à bûcher pour la 1ère et a rattrapé en deux ans tout ce qui lui était nécessaire pour le passer (résultat : mention Bien et acceptée sur Parcousup partout où elle voulait). Assez classique chez les familles non-sco : les enfants une fois qu’ils sont motivés, s’ils se projettent dans les études (ce qui n’est pas forcément un but en soi), mettent en œuvre ce qu’il faut pour y arriver et on trouve les ressources nécessaires. Comme ils n’ont pas été « gavés » d’apprendre à l’école, et qu’ils ont beaucoup acquis à travers les années, les choses ne sont pas si compliquées que ça même s’il faut bûcher. La motivation intrinsèque fait le boulot.
      C’est dire le temps inutile passé à l’école pendant toutes ces années au détriment de l’enfance et de ce qu’on pourrait développer de soi quand 2-3 années peuvent être suffisantes à l’adolescence pour rattraper le niveau scolaire si on veut passer le bac…
      J’ai déjà entendu dire « oui mais à l’adolescence les enfants n’ont qu’une envie c’est ne rien foutre donc je doute qu’ils se mettent à bosser, au contraire ». Et bien non, à l’adolescence, étant donné qu’on leur a laissé le temps de vivre leur enfance, les enfants non-scos n’ont pas forcément envie de « ne rien foutre » étant donné qu’ils n’ont pas été épuisés par le système. Ma fille ainée me disait d’ailleurs il y a quelques jours qu’il y avait des gens qui lui avaient dit récemment qu’il fallait qu’elle travaille un peu moins et qu’elle prenne plus de temps pour les loisirs en dehors de la fac et elle me disait « Mais moi en fait je suis passionnée là, je n’ai qu’une envie c’est bosser, et j’ai tellement eu le temps pour les loisirs et faire tout ce que je voulais durant toute mon enfance et mon adolescence que là ce n’est pas ce qui m’importe ».

      En primaire, si on veut suivre le programme, deux heures de travail par jour seulement sont nécessaires en dehors de l’école – ce sont des chiffres attestés par l’EN. Le reste, c’est globalement de la gestion de groupe. Il y a des chiffres sur le sujet, je pourrai les retrouver si ça vous intéresse.
      J’ai aussi eu la chance de pouvoir vivre ce choix dans une fenêtre temporelle idéale : ayant commencé en 2006, internet permettait alors de mettre en lien les gens qui faisaient ce choix contrairement à auparavant, et la loi était encore relativement souple, ce qui a bien changé depuis le fabuleux discours de Macron aux Mureaux en 2020 où il déclarait, sans complexes (comme toujours) et sans aucune concertation préalable avec qui que ce soit, que l’école deviendrait désormais obligatoire, s’appuyant sur des prétextes fallacieux et dépourvus de la moindre donnée chiffrée pour étayer ses propos. Les asso n’ont cessé de demander des chiffres, chiffres qui n’ont été donnés que très tardivement, et qui ont révélé ce que nous savions déjà concernant l’IEF : un grand vide. Et la directrice de la Dgesco a avoué récemment que les objectifs qui étaient portés étaient en fait de revenir à l' »étiage », au faible nombre de familles en IEF avant le covid – qui correspond à la marge acceptable par le pouvoir. https://www.liberteeducation.com/ief-les-reponses-lunaires-de-la-nouvelle-directrice-de-lenseignement-scolaire-dgesco/. Voilà voilà… C’est bien d’avouer, merci chère Madame, voilà qui est clairement dit. Le véritable objectif de la manœuvre n’a évidemment jamais été celui prétexté initialement.
      Les asso et les parents se sont sans relâche mobilisés pour tenter de faire supprimer l’article 49 du projet de loi « confortant le respect des principes de la République » qui nous concernait, manifs, courriers, rdvs auprès des députés région par région (dans le milieu non-sco, nombreux sont les parents engagés, investis, militants). Jusqu’au Conseil d’Etat où on est allés collectivement avec un bon avocat mais on n’a pas eu gain de cause – évidemment.

      Aujourd’hui, tout est fait pour que ce choix, déjà marginal, devienne de plus en plus compliqué : on est, d’une part, passé de l’instruction obligatoire qui était à partir de 6 ans, à l’âge de 3 ans, depuis 2019 (oui oui, des contrôles pour les enfants, dès 3 ans…), d’un régime simplement déclaratif, à un régime d’autorisation, visant sournoisement à une élimination progressive du « phénomène » qui s’était pas mal développé ces dernières années. De nombreux dossiers sont rejetés, de manière aléatoire, selon les départements, atteignant parfois 70% dans certains départements je crois. En moyenne, 30% des autorisations sont aujourd’hui refusées. Certains font des RAPO (Recours Administratif Préalable Obligatoire), d’autres entrent en désobéissance civile, certains, qui en ont les moyens, s’exilent, d’autres partent en itinérant. Et c’est une catastrophe pour tous les enfants en souffrance dans le système qui ont besoin d’être déscolarisés.
      Pourtant, l’IEF était déjà bien encadrée : la déclaration donnait lieu à une inspection de l’éducation nationale par an, et une enquête de la mairie tous les deux ans – enquête de la mairie, pas enquête sociale, juste quelques questions. 98% des contrôles se soldaient positivement.

      Pour revenir à mon expérience en tant que parent, tout ça m’a fait vivre la déconstruction de nombreux schémas et développer une adaptabilité permanente. Mes enfants m’ont menée sur des chemins que je n’aurais pas imaginés, et mon seul but était de les accompagner dans leurs intérêts et le développement de leur personnalité propre afin qu’elles puissent se réaliser dans ce qui les animerait, peu importe le chemin, en mettant à leur portée une grande diversité d’opportunités de découvertes.
      Loin d’être un choix sacrificiel, d’autant que si j’ai mis de côté mon parcours dans la musique pendant un temps c’est que je n’y trouvais plus ce que je cherchais, cela m’a permis aussi à moi de m’enrichir à bien des égards, tant au niveau de ma réflexion, nourrie de nombreuses lectures, que des nombreuses rencontres passionnantes que j’ai pu faire, et d’en être là où j’en suis aujourd’hui dans ma vision du monde, de la politique, de l’école et de la société.
      Cela m’a permis aussi d’avoir la chance de vivre une relation privilégiée avec mes filles, que j’ai eu le temps de voir grandir, sans être abîmées par le système d’une quelconque manière que ce soit, et sans vivre des déconnexions permanentes. Le tout s’est accompagné d’une éducation non autoritaire pensée du point de vue de l’enfant (je ne détaille pas plus, j’y reviendrai peut-être dans le fil parentalité un de ces jours). Mais plus que d’éducation je préfère parler d’accompagnement. Je ne les ai pas « conduites ». L’adolescence en tant que telle n’a ainsi pas été un passage plus difficile qu’un autre au niveau relationnel, ce qui est assez commun à de nombreuses familles non-sco.
      Elles ont donc eu la chance d’avoir le temps de vivre leur enfance, de jouer autant qu’elles voulaient (et donc d’apprendre), de profiter de leurs copains ; d’avoir leurs corps et leurs esprits libres. Elles ont guidé leurs apprentissages. Elles n’ont pas été enseignées et n’ont pas appris la soumission ni la crainte vis-à-vis des adultes, nous parents y compris. Elles n’ont pas non plus vécu dans un cocon et la vie leur a aussi apporté son lot de difficultés et d’épreuves. J’ajoute à ça la fréquentation régulière d’enfants de tous âges qui fait qu’elles n’ont pas connu cette compartimentation par âge à l’école et ont eu l’habitude du vivre ensemble, avec des rapports beaucoup plus cool entre enfants et avec les adultes qu’elles n’ont jamais vus comme des ennemis ou des dominants.
      Dans notre milieu, on voit pas mal la différence entre les enfants « non-sco » (jamais allés à l’école) et les enfants « désco » : ces derniers au début de leur déscolarisation sont souvent « marqués » (d’autant que s’ils ont été déscolarisés, c’est qu’ils étaient en souffrance), que ce soit dans leur rapport aux apprentissages ou dans leur façon d’être avec les autres enfants : très en retrait ou, au contraire, plus agressifs, enclins aux moqueries. Marqués aussi dans leurs rapports aux adultes. J’ai parfois lu dans leurs yeux ce que je déteste voir chez les enfants : la crainte de l’adulte – légitime dans le monde conventionnel.
      En général, ils s’apaisent au bout d’un certain temps et retrouvent aussi le goût d’apprendre qu’ils avaient perdu.
      De mon côté, durant les activités sportives de mes filles avec les enfants scolarisées (elles ont pratiqué pas mal de sports), j’ai pu aussi constater une différence par rapport aux autres enfants – pas toujours là par choix d’ailleurs. Elles étaient particulièrement appréciées par leurs profs parce qu’elles étaient « vivantes », joyeuses, participaient, écoutaient avec intérêt les consignes, quand les autres étaient souvent blasés ou plus en mode « défouloir », vachards ou autres. Leurs profs me l’ont souvent signifié (sans souvent savoir qu’elles n’allaient pas à l’école).

      Je ne prétends pas ici que tout a été rose non plus et que la vie non-sco est un monde magique où tout se passe bien tout le temps et pour tout le monde. Elle a bien évidemment aussi son lot de difficultés, et chaque famille le vit à sa façon.

      Après, je ne connais pas très bien les familles qui pratiquent l’IEF en mode strictement « école à la maison », qui est un choix parmi d’autres et souvent logique, surtout dans un premier temps, suite à une déscolarisation. J’évoque ici les familles qui font ce choix à la base et qu’on peut ressentir parfois comme élitiste, avec une volonté de faire mieux que l’école mais quand même « à la manière de », et avec peut-être l’objectif implicite de pousser les enfants vers les études supérieures (ce qui ne m’apparait pas comme un mal en soi, du moment que ça correspond à l’enfant et que c’est son choix).

      Pour finir, évidemment tout ce qui se passe au niveau restriction des libertés ne concerne pas que le milieu non-sco. Depuis ces dernières années, l’Etat élimine petit à petit un certain nombre d’acteurs de la diversité éducative : par exemple il y a 6-7 ans, il y avait en France une quarantaine d’écoles démocratiques, aujourd’hui il y en a moins d’une vingtaine. Une autre école aux pédagogies alternatives (je ne sais plus laquelle, dans le sud), qui était pourtant sous contrat avec l’Etat et existait depuis 40 ans, a été fermée. Le Lycée Autogéré de Paris, lycée public, qui existait depuis 43 ans, n’existe plus depuis cette année non plus. Ça va bien évidemment avec le reste de la politique menée ces dernières années, à savoir restreindre les libertés, contrôler toujours plus, faire rentrer dans le rang.
      Les asso, fédération et parents restent sur le front et continuent d’agir pour tenter de faire supprimer l’article 49.
      Un collectif (Enfance libre) regroupe actuellement 140 familles en désobéissance civile. Ils vont jusqu’aux procès et tentent de faire bouger les choses.
      Et d’autres initiatives voient le jour. On continuera à défendre nos droits pour la liberté de choix d’instruction et la diversité éducative. Même si pour ma part je ne suis plus concernée directement étant donné l’âge de mes filles, j’ai à cœur de continuer de m’investir dans ce que je peux faire à mon petit niveau, et parce qu’aujourd’hui avoir du recul me donne un sentiment de légitimité pour partager et témoigner sur le sujet, ce dont je me sentais moins « capable » avant.

      Place aux suggestions de vidéos, bouquins et autres, dont certains que vous connaîtrez probablement j’imagine. Je commence par les références sur l’école, puis l’IEF. Evidemment, tout ça n’est pas du tout exhaustif, c’est ce qui m’est venu à l’esprit en préparant ce message que j’ai commencé il y a un moment et que je me décide à poster même s’il ne sera pas aussi chiadé que j’aurais voulu.
      Je vais poster beaucoup de choses ci-dessous, j’espère que tout passera, je ne sais pas si ce forum supporte qu’on poste beaucoup à la fois mais je suis obligée puisqu’on ne peut poster qu’un lien par message. Sinon je finirai demain.

    • #99063 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Je voulais vous poster un article que je trouvais bien sur l’école depuis Jules Ferry mais il n’est plus en ligne alors voici un résumé :

      Avant Jules Ferry, la majorité des enfants étaient déjà scolarisés, souvent gratuitement, la scolarisation de masse ayant commencé sous Napoléon III. En 1881, 93 % des départements scolarisaient tous les enfants. La loi Ferry n’a donc pas radicalement changé les taux de scolarisation, mais a uniformisé les programmes scolaires. L’idée que Jules Ferry a libéré les enfants du travail pour leur offrir un avenir meilleur est erronée. Les enfants avaient déjà accès à l’acquisition des fondamentaux et au savoir, mais pas celui que voulait transmettre la IIIème République.

      La première finalité de l’école de Jules Ferry était de compléter l’œuvre de Napoléon III en formant des enfants aux compétences utiles à l’empire et à l’économie, bien loin d’une idée philanthropique. La scolarisation visait avant tout à préparer les enfants à travailler dans les entreprises ou les administrations, en leur enseignant la lecture, l’écriture et les mathématiques dès le plus jeune âge pour être productifs. A 13 ans, les enfants pouvaient accéder à un travail salarié au service d’une entreprise ou de l’empire, où ils devaienet appliquer très directement des compétences acquises à l’école, en particulier lire, écrire et compter.

      La deuxième finalité des lois Ferry était d’éliminer les menaces internes à la République, notamment l’influence de l’Église, de la droite monarchiste, des communistes et des anarchistes. L’objectif était de garantir la survie du régime en instaurant une éducation uniforme et en utilisant la propagande pour cultiver un amour de la République et éliminer toute opposition. En s’inspirant de l’exemple prussien (une école basée sur l’obéissance et le sport mise en place après la défaite de la Prusse face à la France en 1806 et qui leur a permis ensuite la victoire de 1870), Jules Ferry a imposé un programme scolaire centralisé, contrôlé par une inspection stricte chargée de surveiller les professeurs pour empêcher la diffusion d’idéologies alternatives et s’assurer qu’ils transmettent bien le programme de l’état. Il s’agissait ainsi de former des citoyens fidèles à la République laïque et à ses valeurs, sans tolérer de divergences idéologiques.
      « Nous avons promis la neutralité religieuse, nous n’avons pas promis la neutralité philosophique, pas plus que la neutralité politique » Jules Ferry

      La troisième finalité des lois Jules Ferry était de renforcer la France après la défaite de 1870 et l’annexion de l’Alsace-Moselle par la Prusse. La République cherchait à consolider le pays et à le préparer, à long terme, à un éventuel futur affrontement. L’instruction obligatoire a joué un rôle crucial en disciplinant les enfants pour en faire des soldats obéissants et patriotes. L’éducation visait à créer une identité nationale unifiée, en imposant le dialecte parisien et en interdisant le patois, parfois par la violence. Ainsi, l’école de la République contribuait à forger une force militaire prête à défendre le pays, en alignant l’éducation sur les impératifs de survie nationale face à la menace prussienne, et a joué un rôle essentiel pour préparer la France à la Guerre de 1914.

    • #99065 Répondre
      Nuelle
      Invité

      J’imagine que tout le monde ici connait « Une société sans école » d’Ivan Illich, ici une très bonne vidéo sur le bouquin : https://www.youtube.com/watch?v=m7pmsqKwxbk
      Le gars a également fait une vidéo sur « Comment s’occuper un dimanche d’élection » que je vous recommande.
      Et bien-sûr, « Le maitre ignorant », de Jacques Rancière, dont François s’est inspiré pour sa nouvelle pièce de théâtre (que j’ai hâte de voir en entier, la présentation était réjouissante).

    • #99066 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Bien évidemment aussi, « Libres enfants de Summerhill » de Alexander S. Neil.
      Documentaire : https://youtu.be/g4UwRozylMc?si=9uSjk9FoBQX-H0eF
      Jusqu’ici des choses que vous connaissez je pense.

    • #99067 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Puis John Holt : « Les apprentissages autonomes, Comment les enfants s’instruisent sans enseignement » , « Comment l’enfant apprend – le besoin vital de comprendre », puis « Comment l’enfant échoue – l’école ou la fabrique de l’échec » et « Apprendre sans l’école, des ressources pour agir et s’instruire »
      John Holt : il a exercé plusieurs métiers avant de devenir instituteur pendant quinze ans, période pendant laquelle il s’interroge sur les difficultés rencontrées par les enfants. Ayant rejoint ensuite les universités de Harvard et de Berkeley en sciences de l’éducation, il consacre ses travaux et ses conférences à la réforme de l’enseignement. Mais au bout de quelques années, il cesse de penser que l’école est réformable. Dès lors, John Holt décide de consacrer son temps « non plus à créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école ». Ses recherches portent sur les apprentissages autonomes, il devient le porte-parole des familles engagées dans l’éducation hors école.

    • #99068 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Peter Gray : « Libre pour apprendre »
      « En se fondant sur des faits anthropologiques, psychologiques et historiques, Peter Gray prouve que le jeu en toute liberté est le meilleur moyen pour apprendre à gérer sa vie, à résoudre ses problèmes, à vivre en communauté et à devenir émotionnellement équilibré. Quand les enfants sont en charge de leur propre éducation, ils apprennent mieux et sont plus heureux. »
      Peter Gray est un psychologue du développement, directeur de recherche au Boston College.
      Après avoir obtenu son doctorat en biologie à l’Université Rockefeller en 1972, il a été professeur au Département de Psychologie de Boston College de 1972 à 2002.
      Il est connu pour ses critiques du système éducatif traditionnel et est invité régulièrement à intervenir auprès de groupes de parents, d’éducateurs ou de chercheurs.
      Il s’oppose aux méthodes actuelles d’éducation qui, selon lui, infligent des dommages psychologiques aux enfants.

    • #99069 Répondre
      Nuelle
      Invité

      John Taylor Gatto : « Plus bêtes nous serons »
      « John T. Gatto a été enseignant dans les écoles publiques de New York pendant plus de 30 ans. Conférencier recherché sur l’éducation aux États-Unis, il a publié plusieurs ouvrages dont A Different Kind of Teacher (Un autre style d’enseignant), The Underground History of American Education (L’histoire cachée de l’éducation américaine), Dumbing Us Down (Plus bêtes nous serons) et Weapons of Mass Instruction: A Schoolteacher’s Journey Through The Dark World of Compulsory Schooling (Armes d’instruction massive : l’itinéraire d’un enseignant dans le sombre univers de l’école obligatoire), les deux derniers sont traduits en français aux éditions l’Instant présent. »
      Je recommande d’ailleurs tous les livres des Editions de l’Instant Présent.

    • #99070 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Alan Thomas & Harriet Pattison : « A l’école de la vie, les apprentissages informels sous le regard des sciences de l’éducation »
      « Ce livre associe magistralement les résultats des recherches récentes en matière d’apprentissage autonome et les témoignages de vingt-six parents engagés dans la vie sans école.
      Il met en avant l’efficacité de l’apprentissage lorsque l’enfant est moteur et apprend par lui-même. Il fait comprendre l’appropriation fluide et parfois à peine perceptible des connaissances et des compétences par l’enfant. Thomas et Pattison montrent l’importance du jeu, de la conversation, de la vie de tous les jours comme pourvoyeuse du « curriculum informel». Trois chapitres sont consacrés à l’apprentis¬sage de la lecture, de l’écriture et des mathématiques. »
      Chercheurs en psychologie de la formation, les auteurs sont des spécialistes anglais en sciences de l’éducation.
      Alan Thomas poursuit depuis 20 ans des recherches sur les apprentissages informels et autonomes (Institute of Education, Université de Londres).
      Harriet Pattison est formée en anthropologie sociale et en philosophie des sciences. Elle s’intéresse à la nature de la connaissance et la façon dont les individus et leur culture la créent.

    • #99071 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Jean-Pierre Lepri : « La fin de l’éducation ? Commencements »
      « Jean-Pierre Lepri constate d’abord que la « fin », la finalité de l’ »éducation nationale » n’est jamais explicitée par l’institution, ou alors avec des buts qui sont démentis par les résultats. Il prédit la fin inéluctable de l’éducation (dans le sens de la volonté d’un adulte sur un élève) en observant que le déclin de l’école a d’ailleurs déjà commencé. Rien de grave, pour lui, au contraire : décrivant le mécanisme invisible de l’apprentissage, l’auteur affirme qu’« apprendre c’est vivre, et inversement », et que l’enseignement va plutôt contrarier l’apprentissage, qui est un acte inné.
      Ce livre s’adresse aux éducateurs, enseignants et parents qui veulent réfléchir aux raisons du malaise ressenti dans l’Éducation nationale. »
      Docteur en éducation et en sociologie, qui après avoir travaillé 50 ans pour l’Education Nationale comme prof des écoles, formateur d’enseignants, inspecteur et expert-consultant s’est aperçu qu’il avait été à côté de la plaque toute sa vie…
      + vidéo sur la différence entre apprendre et être enseigné (ce n’est que la 3ème fois que je la poste ^^)

    • #99072 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Collectif : « Apprentissage auto-géré et instruction à la maison : une perspective européenne » sous la direction de Leslie Safran Barson, 2006
      Livre qui rassemble plusieurs textes très intéressants, notamment les textes de Roland Meighan et d’Alan Thomas sur l’apprentissage autonome, mais aussi des états des lieux de l’instruction en famille en France (Jennifer Fandard et Arno et André Stern).

    • #99073 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Thierry Pardo : « Au nom du pire »
      « Dans ce petit livre pamphlet à la thèse audacieuse, Thierry Pardo propose une critique du système scolaire actuel, de ses écueils et de ses limites grâce à une comparaison pertinente entre le fonctionnement de l’école et celui de l’église. »

    • #99074 Répondre
      Nuelle
      Invité

      André Stern, « Et je ne suis jamais allé à l’école » (et d’autres que je n’ai pas lus)
      Fils d’Arno Stern, André Stern n’est jamais allé à l’école (il a 54 ans). Il raconte cette expérience dans un livre qui montre de l’intérieur ce qu’est l’apprentissage autonome basé sur l’enthousiasme.

    • #99075 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Et aussi, entre autres :

      Léandre Bergeron : « Comme des invités de marque »
      Melissa Plavis : « Apprendre par soi-même, avec les autres, dans le monde. L’expérience du unschooling »
      Bernadette Nozarian : « Apprendre sans aller à l’école »
      Charlotte Dien : « Instruire en famille »
      Claudia Renau : « L’Apprentissage informel expliqué à mon inspecteur »
      Sylvie Martin-Rodriguez : « Les 10 plus gros mensonges sur l’école à la maison »
      J’aime bien aussi Bernard Collot : « La pédagogie de la mouche » et « Chroniques d’une école du 3ème type ».
      Enseignant aujourd’hui à la retraite, il a mis en place pendant 40 ans une classe unique en milieu rural dans le prolongement des pédagogies dites actives et de la pédagogie Freinet.

    • #99076 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Un article de Daliborka Milovanovic intitulé « La grande voleuse de temps » (où est fait référence à François) :

      La Grande Voleuse de temps

    • #99077 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Un documentaire à voir absolument : « Schooling the word », sous-titré depuis peu en français :

      « Le documentaire examine comment l’éducation occidentale standardisée est utilisée comme un outil de colonisation culturelle dans le monde entier. En introduisant des systèmes scolaires basés sur des valeurs et des paradigmes occidentaux, ces interventions détruisent souvent les modes de vie locaux, les langues, et les savoir-faire ancestraux qui sont pourtant profondément adaptés aux contextes écologiques et culturels locaux. »

    • #99078 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Le documentaire référence sur l’apprentissage autonome et la non-scolarisation : « Être et devenir », de Clara Bellar.
      « Être et Devenir propose des récits d’expériences et des rencontres qui explorent le choix de ne pas scolariser ses enfants, de leur faire confiance et de les laisser apprendre librement ce qui les passionne. Le chemin de découverte de la réalisatrice nous emmène à travers quatre pays, les États-Unis, l’Allemagne (où il est illégal de ne pas aller à l’école), la France et l’Angleterre. Ce film est une quête de vérité sur le désir inné d’apprendre. »
      Et le livre du même nom, qui propose le texte complet du film et des bonus, la retranscription d’échanges avec divers intervenants, ainsi que d’entretiens avec Clara Bellar menés par les médias, et des réactions de spectateurs. Il permet de retrouver par écrit les richesses du film et des ciné-échanges, et de répondre aux multiples questions qui surgissent à la suite du film.
      Le film a été diffusé pendant deux ans tous les dimanches au cinéma Saint André des Arts à Paris, suivi d’échanges (auxquels j’ai régulièrement participé et été intervenante une fois)
      François a fait partie des invités à deux reprises, on peut voir les vidéos ici :
      http://www.etreetdevenir.com/EED.fr.html#Videos

    • #99079 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Et pour continuer dans le Bégaudeau, une de ses interventions sur l’école que j’ai particulièrement appréciée :

    • #99080 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Passage extrait de :

      (J’imagine déjà partagé dans le forum)

    • #99081 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Sur l’IEF :

      Si vous n’aviez qu’un truc à lire, voici un très bon dossier fait en commun par les asso :

      Cliquer pour accéder à Dossier-IEF-janvier-2021.pdf

    • #99082 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Un court historique de l’évolution de la loi encadrant l’IEF :

      La loi

    • #99083 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Toujours sur l’IEF, autre site intéressant :
      FELICIA (Fédération pour la Liberté du Choix d’Instruction et des Apprentissages), créée suite aux annonces de Macron, qui fait un énorme boulot.
      Notamment un dossier très étayé adressé aux et Sénatrices et Sénateurs :

      Cliquer pour accéder à Felicia-Contre-Etude-dimpact-Felicia-Senat-vl.pdf

    • #99084 Répondre
      Nuelle
      Invité

      NonSco’llectif, un super collectif activiste et solidaire :
      https://nonscollectif.org/

    • #99085 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Le collectif de 140 familles en désobéissance civile dont je vous parlais, dont Ramïn Farhangi, qui avait créé l’Ecole Dynamique à Paris, une des toutes premières écoles démocratique en France, est à l’initiative. Il a aussi écrit : « Pourquoi j’ai créé une école où les enfants font ce qu’ils veulent’
      https://www.enfance-libre.fr/

    • #99086 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Pour finir concernant l’IEF, il y a bien-sûr tous les sites des asso de défense de la liberté de choix d’instruction : LED’A (Les Enfants d’Abord, la plus ancienne, créée en 1988), LAÏA, UNIE, et d’autres que je ne connais pas forcément car plus récentes, comme Liberté éducation.

    • #99087 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Fini pour tout de suite ^^.
      Y’a une astuce pour que les vidéos YouTube n’aient pas cet affichage chelou ? Il me semble, mais je ne sais plus laquelle. Vous me direz.

    • #99134 Répondre
      Claire N
      Invité

      Merci Nuelle !

    • #99147 Répondre
      Nuelle
      Invité

      Avec plaisir : )
      Autre chose que j’ai oublié de mentionner et qui vous intéressera probablement si vous n’en avez pas entendu parler, l’expérience « The hole in the wall » menée à partir de 1999 en Inde :
      « On dénombre plus d’un milliard d’Indiens. Environ la moitié d’entre eux est malheureusement illettrée. Seulement un sur quatre a accès à des sanitaires dignes de ce nom. Quelque 350 millions d’Indiens vivent avec moins d’un euro par jour. Et pourtant, comme un étrange paradoxe, l’Inde est aussi l’un des terreaux qui voit fleurir des entreprises de haute technologie parmi les plus avancées au monde. New Delhi, c’est un peu la Silicon Valley à l’indienne. Et depuis peu, le génie indien a su poser un astromobile sur la Lune.
      Scandalisé par le manque d’accès à l’éducation dont souffrent les enfants de son pays vivant loin des centres urbains, le Dr Sugata Mitra, un physicien indien devenu chercheur en technologie éducationnelle, a conduit, à partir de 1999, une série d’expériences baptisée « The Hole in the Wall » (le trou dans le mur), dont les résultats étonnants bousculent les fondements de la pédagogie conventionnelle.
      Mitra, dont le bureau est accolé à un mur séparant un quartier résidentiel de New Delhi du bidonville de Kalkaji, décide alors de faire un trou dans ce mur. Il y installe son ordinateur et rend accessible son écran et la souris aux enfants vivant « de l’autre côté du mur ».
      En principe, les enfants de ce quartier ne savent ni lire ni écrire et parlent un dialecte tamoul. La possibilité qu’ils puissent se débrouiller avec l’ordinateur est donc objectivement presque nulle.
      Or, dans le monde réel, les choses se passent différemment. A peine huit minutes après l’installation de l’ordinateur, un gosse qui n’a jamais vu une télévision de sa vie vient renifler l’objet.
      Lorsqu’il demande s’il peut toucher l’écran, Mitra lui répond : « C’est de votre côté du mur. » La règle veut, en effet, qu’ils aient le droit de toucher tout ce qui est de leur côté du mur.
      Rapidement l’enfant se rend compte qu’en bougeant la souris dans un certain sens, quelque chose se déplace sur l’écran de façon similaire. Excité par ce qu’il a découvert, il appelle sans tarder ses copains et leur montre ce qu’il est capable de faire. En règle générale, dans l’expérimentation « Le trou dans le mur », un seul enfant manipule l’ordinateur. Il est entouré d’un premier groupe de trois autres qui lui donnent des conseils. Un second groupe d’environ seize enfants complète l’équipe, qui interagissent aussi avec l’enfant qui manipule le matériel. Leurs conseils sont souvent moins avisés, voire faux, mais ils apprennent aussi.
      En quelques mois, les enfants sont capables d’apprendre jusqu’à deux cents mots d’anglais. S’ils ne les prononcent pas toujours correctement, ils en comprennent le sens et parviennent à interagir avec l’ordinateur. « Vous nous avez laissé ces machines qui ne parlent que l’anglais, alors nous avons dû l’apprendre ! » lui disent-ils. La plupart savent naviguer, jouer à des jeux ou faire des dessins avec Paint. Mieux encore, ils s’échangent sans problème des courriels, et bien d’autres choses encore.
      En répétant l’expérience dans plusieurs villes pauvres d’Inde, avec des garçons aussi bien qu’avec des filles, Mitra, soupçonné de charlatanisme, parvient à dissiper les doutes initiaux insinuant qu’il y avait forcément « quelqu’un » qui avait formé les enfants à l’avance.
      Si les résultats étonnent, ils sont souvent mal interprétés, chacun, y compris Mitra, cherchant à démontrer sa propre théorie établie d’avance. Je vous laisse juge.
      Pour les Européens, l’expérience elle-même est considérée comme à la limite de l’acceptable. Faire des enfants des cobayes sans l’autorisation de leurs parents n’est pas très éthique d’après les normes européennes. Et apporter de la technologie chez les pauvres et penser que tout s’arrangera tout seul, n’est-ce pas une de ces pratiques teintées de néo-colonialisme que la Banque mondiale classe parmi les pires approches en matière de technologie éducationnelle ? »
      L’article entier ici : https://artkarel.com/que-retenir-de-lexperience-trou-dans-le-mur-de-sugata-mitra/

    • #99150 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Merci aussi
      Tu parles d’un « continuum » plutôt que, au départ, de motivations politiques
      Mes filles vont à l’école, mais c’est aussi un « continuum » qui m’a ouvert les yeux, quand elles étaient bébé et moi en congé parental, je me disais mais qu’est-ce que c’est que ça de mettre ses enfants a l’école
      Et de retourner au travail
      Ça ne me parlait plus.
      Et j’ai eu tout le temps de voir les effets de l’école sur elles
      J’ai aussi passé du temps à regarder les gens qui y conduisaient leurs enfants le matin, en déposant les miennes
      Beaucoup de tout petits ont très peur
      Ces temps-ci je me pose une question qui est à peu près : chez les petits on dit que c’est un caprice ou que sais-je, et ensuite chez les plus grand on parle de phobie scolaire, est-ce c’est la même chose, mais à un âge où ça prend une autre forme et où on n’arrive plus à forcer un enfant à aller a l’école ?

      • #99304 Répondre
        Nuelle
        Invité

        Oui beaucoup de petits ont très peur et ça me parait bien normal, et la plupart des adultes font preuve de cécité empathique par rapport à ça. J’imagine que ceux pour qui l’entrée à l’école se passe le mieux sont ceux qui ont eu l’habitude d’aller à la crèche. Ça n’a pas dû être facile pour toi d’emmener tes enfants avec la conscience que tu avais.
        Le mot « caprice », c’est un mot bien pratique qui serre de fourre-tout aux adultes pour étiqueter les émotions débordantes des enfants qui n’ont juste pas la maturité cérébrale pour réguler leurs émotions face à la frustration ou des besoins non répondus. Est-ce qu’on peut qualifier ça de phobie dès tout-petit, je ne sais pas, en tout cas dans les deux cas c’est effectivement une conscience aigüe que ce qui se passe pour eux est invivable. Et quand ils sont grands, effectivement, on n’a plus le pouvoir qu’on pouvait exercer sur eux petits – d’où le fait aussi (autre sujet) que quand on n’a pas ou peu exercé un pouvoir injuste quand ils étaient petits, on a moins, voir pas, de problème à l’adolescence, qui n’est souvent qu’un retour de bâton, à la mesure de l’oppression qu’ils ont pu subir (même sous couvert de bonnes intentions).

    • #99152 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      « Pour vous donner une idée plus précise de ce qui se passe, il faut savoir qu’avec la nouvelle loi (depuis 2021, l’obligation de déclaration annuelle de l’IEF a été remplacée par une demande d’autorisation avec des motifs restreints ; les contrôles de la Mairie et de l’Education Nationale sont inchangés mais leur enjeu s’est accru), on est passé de 72 000 enfants en IEF (Instruction En Famille) en 2021, à 35 000 enfants en 2025. »
      Cette demande d’autorisation est abusive et illégale puisque l’école n’est pas obligatoire.
      « Motifs restreints »
      Normalement les parents n’ont pas de compte à rendre ni d’explications/ justifications à donner pour la même raison: l’école n’est pas obligatoire.
      Le pouvoir tente le coup, pratiquement au bluff: je t’impressionne avec mon pouvoir et mes paperasses  » veuillez trouver Ci-joints blablabla… il faudrait refuser en arguant le déjà cité. Déclaration annuel pour l’instruction ok. Autorisation + explications non.
      Les gens et les choses n’ont que l’importance qu’on leur donne. Ce sont nos peurs qui les nourrissent

      • #99305 Répondre
        Nuelle
        Invité

        La demande d’autorisation n’est malheureusement pas illégale (abusive, oui) puisque la loi est passée, ce n’est pas du bluff. Quand bien même l’école n’est pas obligatoire, l’instruction hors école est bel et bien réglementée. De fait, ne pas demander cette autorisation est hors-la-loi aujourd’hui – il n’y a qu’à voir les familles en désobéissance civile qui se retrouvent tous les ans en procès. Ce n’est malheureusement pas si simple que de ne pas donner de l’importance aux choses. Le réel des procès est bien là et ce n’est pas une partie de plaisir pour les familles avec ce qu’elles encourent et le bras de fer qu’elles engagent, avec convocations à la gendarmerie, procès, parfois retrait des allocs de la CAF, etc…

    • #99211 Répondre
      Lhommetropbiensapé
      Invité

      Bonjour Nuelle,
      Merci pour ce précieux partage. Bien que n’ayant pas encore lu tous tes posts, j’ai 2 petites questions.
      1) As-tu constaté des méthodes d’apprentissage ou des « trucs » qui marchaient particulièrement bien pour faire apprendre à tes 2 filles des chapitres qui ne les branchaient pas trop à la base voire pas du tout ?
      2) Pour éduquer ses enfants en IEF, est-il nécessaire qu’au moins 1 des parents ne travaille pas ? Légalement j’entends.

      • #99306 Répondre
        Nuelle
        Invité

        Bonjour Lhommetropbiensapé,
        1) Je suis quand même étonnée que tu me poses cette question, quand tout l’objet de ce post est justement de ne pas utiliser de méthodes d’apprentissages et de ne pas « faire apprendre », mais d’accompagner les apprentissages naturels des enfants (qui ne font qu’apprendre en permanence quand ils sont dans le flot de la vie), dans un environnement riche en propositions et en opportunités de découverte, où des sujets peuvent être abordés sous différentes formes et laisser place à la curiosité naturelle. Je ne sais pas si tu cherches des solutions pour tes enfants ni si tu en as, mais je n’ai pas grand-chose à te répondre sur des « méthodes », et de toute façon ce qui pourrait « marcher» avec un enfant ne « marcherait » pas forcément avec un autre. Néanmoins, plus un sujet passe par des supports engageants (jeux, musique, vidéos, discussions, projets concrets, lapbooks…) et engage le plaisir et l’enthousiasme, et plus les choses sont facilitées (l’enthousiasme favorise notamment la neuroplasticité, un autre sujet passionnant). Trouver du sens aussi. Et plus tard, c’est la motivation qui fait le boulot comme je disais. Quand tu décides de passer ton bac en candidat libre, tu te débrouilles pour apprendre ce qu’il faut, tu trouves tes propres méthodes. Ma fille apprenait parfois certaines notions mises en chanson, ou en y associant des gestuelles. Le mouvement et la musique peuvent être des facilitateurs. Ces dernières années, elle utilise beaucoup les mindmaps. Bon finalement j’aurai parlé de quelques trucs facilitants mais ce ne sont pas des méthodes, et encore moins des choses que j’ai imposées.
        2) Non, légalement, il n’y a pas obligation qu’un des parents ne travaillent pas. De fait, c’est évidemment ce qui se passe dans la plupart des cas, c’est du bon sens, en tout cas au minimum lorsqu’ils sont petits. Néanmoins, pour donner d’autres exemples d’organisation familiale que ceux que j’ai déjà donné, j’avais des amies qui travaillaient à temps partiel et s’organisaient à trois quand les enfants avaient 2-3 ans : chacune des trois s’occupaient des trois enfants un jour par semaine, ce qui laissaient donc deux jours libres à chacune, et l’une d’elle avait aussi sa mère qui prenait le relais en plus sur une autre journée. Il y avait donc 3 jours par semaine où elle pouvait travailler. Une autre amie, quand les enfants étaient un peu plus grands, travaillait jusque 13h, les enfants étaient gardés le matin et elle les retrouvait dès 14h. Il y a de multiples cas de figure. Je me rappelle aussi d’un témoignage d’une maman qui faisait des ménages le soir ou la nuit pour pouvoir être la journée avec les enfants, mais je ne me rappelle plus des détails.

        • #99344 Répondre
          Alphonse
          Invité

          A propos de 2). Dans tous les exemples que je connais, le parent qui s’occupe des enfants « instruits en famille » est la mère. Plein de raisons tout à fait extérieures à la démarche de l’IEF participent de ce phénomène, et je ne pense que le salariat, pour une femme, soit à coup sûr un support d’émancipation (notez la litote), mais j’ai participé à des collectifs de parents (de gauche, en milieu rural, dans un mode de vie que les rapports de sous préfecture nomment alternatif …) où cette régularité statistique était largement occultée. Lorsque je la visibilisais, on la relativisait (non mais là, oui, c’est parce qu’untel ceci ; ou mais untel il s’occupe beaucoup de ses enfants), ou bien on la justifiait : le matérialisme constructiviste que j’ai largement incorporé fut gentiment bousculé d’apprendre que les mères étaient naturellement disposées à s’occuper des enfants.
          Du coup une question, double : as-tu remarqué, Nuelle, le même phénomène dans les milieux que tu as traversés ? Quel regard y poses-tu ?

          • #99435 Répondre
            Nuelle
            Invité

            Je suis étonnée que cette «régularité statistique » ait été « largement occultée », je ne comprends pas trop pourquoi elle le serait…
            Si ta première question porte sur le fait qu’il y a plus de mères que de pères qui se chargent de l’IEF oui, c’est un fait observable. Même si je connais quelques familles dont c’est le père qui s’en occupe, et que j’ai aussi un ami qui aurait souhaité faire l’IEF pour son enfant, et où c’est la mère qui a mis son véto. Il y a aussi des familles où les deux parents ont la même implication, souvent quand les deux bossent à temps partiel ou sont en indépendants.
            Si ta question porte sur le fait que j’ai pu remarquer que cette donnée puisse être occultée, non pas du tout, comme je le disais plus haut, j’en suis même étonnée.
            Sur le regard que j’y porte, ça me parait assez banal, ce qui ne veut pas dire souhaitable, ce sont souvent les mères qui s’impliquent plus dans l’éducation, il est clair qu’on n’est pas très déconstruits sur ces sujets…
            Après il y a une raison qui me parait aussi assez pragmatique, plus que « les mères seraient naturellement disposées à s’occuper des enfants ». Souvent, ce choix est aussi porté par des parents, des mères, qui ont pratiqué ce qu’on appelle le parentage ou le maternage proximal, qui vise à répondre au plus près aux besoins des petits (portage, sommeil partagé, allaitement jusqu’au sevrage naturel, allaitement dit « long » pour certains, qualifié de « non raccourci » par d’autres puisqu’en réalité le sevrage naturel est plus tardif que ce que l’on croit, selon les différentes études sur le sujet).
            De fait, l’allaitement dit prolongé crée une proximité plus grande de la mère avec l’enfant et un investissement plus conséquent en terme de temps.
            Je ne sais pas si ça répond à ta question, mais c’est ce qui me vient tout de suite. C’est aussi quelque chose que j’ai particulièrement observé d’autant que personnellement je n’ai pas allaité mon ainée (par choix – bien que je vois aujourd’hui ce choix comme un conditionnement de la société, j’étais vraiment le stéréotype de la femme qui ne veut surtout pas allaiter pour tout un tas de raisons et qui était gênée par les femmes allaitant) et que je faisais figure d’exception quand j’ai connu les premières familles en IEF, quand ma fille avait 20 mois.
            Si l’IEF est souvent un choix politique, il est aussi souvent corrélé à l’empathie vis-à-vis des petits dont le maternage proximal est souvent, ou est possiblement, le terreau. Une continuité dans la volonté de répondre au plus près aux besoins de l’enfant, de respecter son rythme et ses apprentissages naturels.
            Et pour que mes propos concernant le parentage/maternage proximal et l’allaitement ne soient pas perçus sous un angle non émancipateur ou non féministe, un article à lire :

            Allaiter peut-il être féministe ? – Daliborka Milovanovic

    • #99318 Répondre
      stephanie
      Invité

      bonjour Nuelle, un grand merci pour toutes ses ressources. As tu des films à conseiller qui pourraient illustrer tout ça ? je pensais au film de Herzog Kaspar Hauser par ex.

      • #99431 Répondre
        Nuelle
        Invité

        Des films autres que documentaires ? Je ne sais pas, rien qui ne me vienne à l’idée tout de suite en tout cas. Je ne connaissais pas le film de Herzog Kaspar Hauser, merci.
        Sinon en documentaires, c’est vraiment « Être et devenir » le film référence, dont je parle plus haut, il est très riche en réflexions et témoignages, passé l’intro. Après, je sais qu’il y a « Uniques » un autre documentaire sur le sujet sorti en 2020 mais je ne l’ai pas encore vu.
        Il y a une liste d’autres films recommandés, dont « Alphabet » qui est un film intéressant, mais plus sur le sujet du système éducatif : « De la France à la Chine, de l’Allemagne aux Etats-Unis, Alphabet remet en cause un système éducatif totalement axé sur la compétition et les résultats quantitatifs au détriment des capacités imaginatives. Prenant à témoin des experts en éducation tels que Sir Ken Robinson, un responsable de PISA ou Arno Stern, le réalisateur boucle avec ce film la trilogie entamée avec « We feed the word » et Let’s make money. »

        Ressources

      • #99432 Répondre
        Nuelle
        Invité

        Autre liste d’une prof des écoles sur les apprentissages dont certains ont l’air intéressants :

        Des films documentaires qui bousculent nos représentations sur l’éducation

      • #99433 Répondre
        Nuelle
        Invité

        Et je vois qu’il manque dans ces listes la référence de celui-ci qui est très bien aussi (L’histoire de quatre jeunes adultes qui ont été dans des écoles dites démocratiques, dans quatre pays différents, et qui racontent de quelle façon leur éducation a impacté leur manière de voir le monde) :
        https://www.unifrance.org/film/56473/a-la-poursuite-de-mes-reves

      • #99436 Répondre
        Nuelle
        Invité

        Et pour continuer sur les écoles démocratiques, on attend bien-sûr le film d’Isabelle Duprez, « L’école de la parole » sur l’Ecole démocratique de Paris, comme évoqué ailleurs.
        Alors oui, ces écoles sont payantes et sont chères (et restent des écoles) comme toutes les écoles alternatives malheureusement – mais s’ils pouvaient le faire gratos ils le feraient ^^. Et voir ce qui s’y passe concernant les apprentissages et le fonctionnement permet de se faire une idée plus concrète de ce qui peut être fait différemment.
        Le teaser est dans le lien d’appel au don – je sais qu’il est déjà sur un autre post mais ça me parait pas déconnant qu’il soit ici aussi :
        https://www.helloasso.com/associations/les-ignorants/collectes/soutenez-le-documentaire-l-ecole-de-la-parole-1

      • #99437 Répondre
        Nuelle
        Invité

        Et j’avais raté ça, je vois qu’il y a un webdoc argentin qui a l’air d’avoir bien fait parler de lui, « La educación prohibida » (2013), il a l’air intéressant, le lien du film sur YouTube (sous-titré en français) est dans l’article :
        https://www.courrierinternational.com/article/2013/01/14/la-educacion-prohibida-un-webdoc-qui-fait-fureur

        • #99475 Répondre
          stephanie
          Invité

          Merci Nuelle pour tout ça et le temps que tu prends ! Je fais un atelier thérapeutique d’écriture pour des jeunes ado , certains sont desco , ne veulent ou ne peuvent plus aller au lycée. Toutes ses ressources m’aident à la réflexion . J’essaierai d’écrire la dessus quand j’aurai plus de temps. Merci encore .

          • #99497 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            « atelier thérapeutique d’écriture »
            Thérapeutique = propre à guérir
            Est- ce le mot juste? Peut-être que « atelier d’écriture pour aider des ados » est suffisant. Sinon risque d’avoir l’Ordre des médecins sur le dos pour utilisation d’un terme appartenant à la médecine. Comme c’est un atelier d’écriture, tu t’en tireras avec une amende dont j’ignore le montant. Dans le monde des médecines naturelles, on risque beaucoup plus gros si on utilise des termes comme « thérapie » ou « thérapeutique »
            A bon entendeur… lecteur.lectrice, Salut

          • #99585 Répondre
            Nuelle
            Invité

            Ah super pour ton atelier et bon courage à ces ados. Contente que ces ressources puissent te servir 🙂

    • #100564 Répondre
      stephanie
      Invité

      bonsoir, je cherche des documentaires qui traitent de la création de l’école, son histoire, pourquoi et comment a été créee l’école?
      merci pour votre aide.

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