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Accueil Forums Forum général American Factory: Un milliardaire chinois en Ohio

  • Ce sujet contient 10 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par , le il y a 1 année et 8 mois.
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  • Auteur
    Messages
    • #2171 Répondre
      pierr0
      Invité

      Je vous recommande ce documentaire sur Netflix, c’est le capitalisme exposé dans toute sa simplicité à partir d’un cas d’étude : l’implémentation d’une usine chinoise sur le site d’une ex-usine General Motors en Ohio. Pour une fois on a une bonne réalisation pour un docu Netflix je trouve : pas d’interview en studio, pas de voix-off de commentaire, mais juste une caméra et un micro qui suivent les ouvriers, cadres et dirigeants dans l’usine et les bureaux, qui assistent au boulot dans l’usine et aux réunions. Petit bémol on aurait aimé plus d’images des ouvriers au travail, c’est une usine qui fait des pare-brises de voitures donc le procédé industriel est assez impressionnant, il y a la fonte du verre à très haute température etc, donc dommage qu’on voit pas un peu plus de ça.
      Sinon un moment ils interrogent des ouvriers chinois dans une des usines de la même boite en Chine, ils expliquent calmement qu’ils font des journées de 12h avec un ou deux jours de repos par mois. Les cadres chinois de l’usine américaine expliquent aussi tranquillement à la caméra comment ils virent les employés qui poussent pour l’établissement d’un syndicat. Finalement ça a pas changé tant que ça le capitalisme.

    • #2200 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      on note

    • #3029 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Je déterre ce sujet pour remercier pierr0 de cette belle suggestion, oui c’est un beau documentaire, étant sur Netflix on passe les cinq premières minutes à remarquer tout ce qui NE le caractérise PAS : pas de voix-off dramatique, pas de travelling arty, pas de ralenti inutile, pas de musique omniprésente, pas de montage saccadé… on « sent » un regard très tendre des deux réalisateurs pour les ouvriers filmés (Steven Bognar et Julia Reichert, je connaissais pas), et leur interlocation (de interloquer, oui j’invente des mots, c’est celui qui me semble le plus juste) devant les situations : pérégrination du milliardaire ventripotent dans l’usine, triste fête d’entreprise où tous doivent se montrer joyeux, cours de « management culturel », entrave à l’élection d’un syndicat. Mais pas de thèse, charge à chacun de se faire son avis.
      On y découvre – ou redécouvre – aussi l’existence des Union Avoidance Consultants – « consultant pour éviter les syndicats. » Un marché florissant, dont la généalogie est rappelée avec brio dans La Société Ingouvernable de Chamayou. Un bouquin très puissant.

    • #3160 Répondre
      pierr0
      Invité

      Content que tu aies bien aimé Xavier !

      • #9721 Répondre
        Juliette B
        Invité

        Vu à mon tour. Merci de l’avoir recommandé Pierr0 !

    • #8452 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      Déterrage aussi. Grand film.
      Le voyage en Chine est la séquence qui m’a le plus glacé. La culture d’entreprise à dévoré la vie de ces êtres humains. Ils vivent, pensent, respirent Fuyao. Et Fuyao les licencieraienr du jour au lendemain sans pitié pour un centime de profit supplémentaire. Les mêmes séquences en Occident évoqueraient des dystopies netflixiennes.
      La productivité extrême m’a rappelé, toutes proportions gardées, mes trop longues années de call center : jamais une minute à soi, jamais un instant pour souffler. Je serais curieux d’avoir le point de vue d’ouvriers français devant ce film, s’il y en a ici. Savoir si un Toyota Valenciennes ressemble à un Fuyao Dayton, si on s’en approche, et comment on lutte contre la précarisation et la robotisation.
      Un truc dont on parle peu dans le doc, évoqué néanmoins, est l’attractivité dont fait preuve l’Ohio poir installer Fuyao. On comprend que l’argent public est utilisé au service des entreprises et des investisseurs. Faire de la France un pôle d’attractivité pour les investisseurs étrangers, reindustrialiser dans une croissance verte (rires), c’est l’objectif de Le Maire. Nos impôts defiscaliseront les Fuyao de bientôt, le font déjà probablement.

      • #8453 Répondre
        Demi Habile
        Invité

        Il faut arrêter de croire que ça vous donne l’air malin le truc de chier sur la croissance, ça dit juste clairement que vous n’avez rien compris à l’économie.
        .
        La croissance c’est le taux de variation du PIB de l’année N par rapport à l’année N-1 et le PIB c’est, grosso merdo, le cumul de la valeur ajoutée produite au sein des frontières économiques d’une nation au cours d’une année et la valeur ajoutée c’est la richesse que le travailleur produit lorsqu’il transforme la matière première en produit fini, c’est ce que le capitaliste s’approprie sur le dos du travailleur en échange du salaire qui lui verse. Reste que cette valeur ajoutée on peut la produire en bétonnant une plaine pour y installer un centre commercial pensé pour la bagnole ou bien ça peut se faire en transformant un bloc de feuilles en un roman ou une simple guitare en concert.
        .
        Qu’est ce qui produit le plus de CO2 au moment de faire le bilan carbone? Le restaurateur qui fait réchauffer des surgelés achetés chez Métro ou bien le restaurateur qui va faire son marché et qui construit sa carte autour de produits frais? C’est le second, évidemment.
        .
        Sinon je vais garder le docu, il a été bien vendu. Ca à l’air d’un épisode de strip tease et j’aime bien.

        • #8454 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          Oui regarde le docu parce que c’est de ça que je parlais. De la façon dont un pays occidental dépense son argent public pour attirer des investisseurs privés étrangers qui attendent du pays d’accueil une productivité comparable à celle d’un pays pauvre. Et de fait, de comment les pays riches se remplissent de gens pauvres avec l’agrément du pouvoir.

        • #8456 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          Et concernant la croissance verte, mon rire entre parenthèses suggèrait que Le Maire ne pensait pas à la publication de romans ou à l’organisation de concerts folks en parlant de croissance verte. Je vais appuyer : je pense que Le Maire pense à du GREENWASHING.

    • #14222 Répondre
      Sylvain
      Invité

      Je déterre le fil de discussion également.

      Je viens de finir le documentaire, mon commentaire sera donc réalisé à chaud.

      C’est difficile d’avoir un avis clair après l’avoir regardé. Qu’est-ce que l’on peut en penser ?

      Tout d’abord sur la forme, c’est extrêmement bien filmé, les scènes, le retrait des réalisateurs pour laisser les différents acteurs s’exprimer.
      Je n’ai pas senti une prise de partie, ils ont filmé cela pour que le spectateur se fasse son opinion, en ayant l’impression qu’ils ont montré le maximum de scènes possibles (en 1h50, c’est difficile).

      Maintenant que le fond, c’est là où avoir du recul sur ce que je viens de voir est complexe.
      J’ai l’impression qu’ils ont axé leur documentaire sur la différence culturelle autour de la gestion d’une usine entre les États-unis et la Chine.
      Avec la problématique suivante : « Est-ce qu’une usine chinoise avec ses méthodes peut-elle s’exporter aux Etats-Unis ? »
      La réponse à la fin du visionnante me laisse entrevoir que c’est « oui ». Non sans mal, mais ça a l’air possible.

      Cependant, les « méthodes chinoises » sont elles toutes à jeter ?
      A la fin, quelques jours avant le vote, l’orateur dit « Ils viennent avec 70 ans de retard. Nous, les ouvriers, avions pris le contrôle sur la manière de produire.. maintenant, nous revenons en arrière et nous devons à nouveau se taire ».
      Peut être.

      Mais je reste bloqué sur la visite de l’usine en Chine.
      C’est là qu’on voit qu’un gouffre sépare la gestion d’une usine en Chine et aux USA.
      Le conditionnement est tel que les employés, certes reconnaissent être fatigués, ont l’air vraiment de produire pour l’usine. L’absence de contestation me laisse penser qu’ils n’ont pas réussi à trouver quelqu’un critiquant la gestion de l’usine (et ne spéculons pas pourquoi, je note juste l’absence).
      Et la fête à laquelle participe les employés américains, en laisse clairement un estomaqué, au point qu’il en lâche une larme.

      On pourrait se dire qu’il trouve beau des employés dédiés corps et âmes à leur entreprise, laissant entrevoir des énormes profits. Mais ça n’est pas ça.

      Non, ce qui se fait ressentir tout au long du visionnage, c’est l’énorme cynisme et tristesse des américains vis à vis de leur travail. Et la joie des employés chinois. Le contraste est énorme.

      Forcément, quand on comprend que les employés américains ont perdu la moitié de leur salaire et que les conditions de travail se sont dégradées, le cynisme et la morosité ne peut que s’instaurer.

      Mais malgré tout, le conditionnement des employés chinois font qu’ils sont heureux dans leur vie. Alors qu’ils ont des conditions moins bonnes, et travaillent genre 50% de plus.

      Qu’est-ce qu’on en pense de cela ?
      Qu’ils ont adhéré à une morale d’esclave ? Sûrement.

      Je vais me laisser quelques jours pour y réfléchir tranquillement.
      Car là, mise à part voir un État (les USA) en train de délaisser complètement leur population ouvrière avec un constat d’impuissance, c’est la seule conclusion qu’on peut en avoir.

      Avec la force du conditionnement chinois, c’est presque impossible de résister à la machine qu’ils sont devenus.
      Pour preuve, les employés américains à la fin s’alignent sur les directives chinoises.
      Autant en Chine, les employés s’étaient heureux de ces conditions. Autant aux USA, ça crée du malheur.

      • #14228 Répondre
        Carpentier
        Invité

        J’essaierai de voir ça, moi aussi, merci.
        Déterrer le vivant, Big UP!
        .. Tout d’abord sur la forme, c’est extrêmement bien filmé, les scènes, le retrait des réalisateurs pour laisser les différents acteurs s’exprimer. / …. sur ça, je réagis un peu, notamment parce que nous sommes sur françoisbegaudeau.fr et qu’il s’est régulièrement exprimé sur cette sorte de fake (ce sont mes termes, pour dire, mal peut-être, ce que j’en ai, entre autres, retenu) la fausseté relative que ça peut être de s’absenter, en tant qu’interlocuteur/intervieweur, dans un docu où s’expriment des personnes qui témoignent de,
        Après, dans son Autonomes, il est plutôt surtout en voix off, alors va savoir 😉

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Répondre à : Répondre #8452 dans American Factory: Un milliardaire chinois en Ohio
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